L'architecture
L'architecte propose cinq modèles de pavillons dans le goût pittoresque alors en vogue, deux pavillons simples, deux pavillons doubles et un pavillon triple ; autre nouveauté pour ce type de programme, il diversifie les types (de trois à cinq pièces). Malheureusement le projet n'aboutit pas. Le tracé du lotissement effectué en 1926 par le Cottage angevin s'inspire cependant du projet Jamard.
Le mélange des styles
A partir de 1929, les parcelles sont vendues à des petits fonctionnaires, artisans et employés qui aspirent à l'acquisition d'une maison individuelle. Quelques architectes tels Pierre Macaux, André Mornet, Pierre Defois, René Brot, Ernest Bouget ou Gabriel Baron conçoivent la plupart de ces petites maisons construites à la fin des années 1920 et au début des années 1930. Construites sur des parcelles étroites, les maisons mitoyennes adoptent une distribution le plus souvent très simple : au rez-dechaussée, un couloir dessert une salle à manger (ou une chambre) sur rue et une cuisine côté jardin tandis que les chambres et la salle de bain occupent l'étage.
L'apparente homogénéité du quartier laisse apparaître des influences diverses. Ainsi au n°7 de la rue du Lutin, la maison du mosaïste de Guisti, véritable vitrine commerciale, illustre la tendance Art Déco, tandis que le n° 57 bis traduit les influences modernistes (toit terrasse, nudité de la façade, géométrie des formes…) de l'architecte Harmiteau ; les références au style pittoresque sont également nombreuses.
Le quartier du Lutin n'en reste pas moins un ensemble marquant la production architecturale et urbaine des années 1930, rare à Angers.
*Cité-jardin : modèle d'habitat social groupé qui privilégie la maison individuelle avec jardin dans un cadre arboré ou paysager. La cité-jardin est défendue par de nombreux philanthropes et intellectuels anglais et belges à la fin du XIXe siècle pour combattre l'insalubrité des logements ouvriers.
*Mouvement moderne : mouvement architectural qui prône l'emploi de formes géométriques et du béton, la suppression du décor, le toit-terrasse… L'un de ses plus célèbres représentants est l'architecte Le Corbusier.
Sandrine Prouteau et Bruno Letellier,Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de Maine-et-Loire
2003