Publié le 13-03-2026
Culture
, Ouvre une nouvelle fenêtreRetourner au début de la région d'entête de la pagePublié le 13-03-2026
Culture
Qui êtes-vous Carlota ? Quel est votre parcours ?
Depuis l’âge de mes 3 ans, j’ai toujours étudié dans des établissements français. Je suis arrivée en France à l’âge de 17 ans, je vis et travaille actuellement à Paris. J’ai suivi des études d’Arts Plastiques et de Beaux-Arts, je suis diplômée de l'ENSA de la Villa Arson (Nice) et j’ai effectué ma 4e année à Copenhague.
Qu’est‑ce qui vous a attirée dans l’appel à candidature, pour vouloir postuler à la bourse "arts visuels" proposée par la Ville d’Angers ?
Les conditions d’accueil et d’exposition au RU m’ont séduite : je suis dans un établissement hybride regroupant trois services, le temps proposé est généreux puisque je dispose de deux mois de résidence pour faire des rencontres et enrichir mon travail, et de trois mois d’exposition pour restituer mes recherches. Angers en tant que ville végétale m’a également séduite. Enfin, j’ai découvert l’exposition de Makiko Furuichi au RU le jour de mon entretien avec le jury. Je me vois bien dans la continuité…
Sur quoi allez‑vous concentrer vos recherches et expérimentations artistiques durant cette résidence ?
Je souhaite explorer la thématique du paysage et du territoire en général, et plus particulièrement celle du voyage à travers la circulation des plantes du Sud vers l'Europe. Notamment la pomme de terre originaire des Andes, qui a été introduite en Europe au 16e siècle, sujette à de nombreuses croyances et qui s’est adaptée pour entrer dans la culture culinaire française.
Comment pensez-vous intégrer ce sujet dans votre création ? Par quels mediums ?
C'est le propre de ma résidence, je vais le découvrir tous les jours à l'atelier. Je suis peu dans la représentation, mais je vais faire quelques dessins de recherche. Je pratique beaucoup la couleur au pastel à l’huile sur des tissus et du papier très épais, en coton.
Quelles sont vos sources d'inspiration ? Qu’est-ce qui nourrit votre travail ?
J'adore le personnage de Niki de Saint-Phalle et la place qu’elle donne à la femme, cela fait partie de mon identité plus que de ma pratique. Sally Gabori (australienne aborigène) peint des paysages abstraits et colorés de l'île où elle habite. Vivian Suter (argentino-suisse) propose une œuvre où la couleur est maximaliste. J'aime les œuvres avec plusieurs lectures, où chacun y voit ce qu'il veut… Il faut accepter de ne pas tout comprendre. Il y a aussi une part de spiritualité dans mon travail. Je suis issue d’une famille catholique très mystique et je crois à tout, je me considère comme syncrétique. Les rêves, les mythes, mes propres peurs et cauchemars me permettent de construire mon récit.
Avez‑vous envie d’associer les habitants, des publics ou des partenaires locaux à votre projet ?
J’ai prévu d’animer un workshop avec des étudiants de l’école des Beaux-Arts, et de rencontrer d’autres artistes sur le territoire angevin. J’aimerais aussi échanger avec des agriculteurs et des chefs cuisiniers. Dans la continuité de mon projet autour de la pomme de terre, je vais m’intéresser aux restaurants locaux et notamment à ceux qui proposent des frites.
Pouvez‑vous nous donner un aperçu de ce que le public pourra découvrir lors de votre exposition au RU ?
Ce sera une installation de dessins colorés dans l'espace. Je tenterai de faire sortir le dessin du mur et de proposer un récit autour de la pomme de terre. Étant sensible à la poésie et à la littérature, je vais aussi utiliser le dessin comme écriture.
Qu’espérez-vous que cette résidence vous apporte, et qu’aimeriez-vous que le public retienne de votre présence à Angers ?
En tant qu’artiste, je veux rester connectée au monde. Je souhaite surtout faire des rencontres, inviter les personnes qui travaillent au RU à pousser la porte de mon atelier, comme partir au contact des angevins. Quand je dessine, je suis heureuse : je veux transmettre ma joie et mon plaisir de travailler.
Carlota Sandoval Lizarralde exposera au RU du 19 juin au 26 septembre 2026. Des rencontres avec le public, Ouvre une nouvelle fenêtre sont prévues les 24 mars et 30 avril.