Environnement

Si la présence de l'arbre en ville semble une évidence, elle répond aujourd'hui à des enjeux majeurs, liés notamment à la préservation de la biodiversité et au changement climatique. Des thèmes qui imposent une réflexion nouvelle dans la gestion et le développement du patrimoine arboré.

Votés respectivement en 2019 et 2021, le schéma directeur des paysages et le plan "Nature en ville" ont notamment pour but de développer et valoriser la présence de l'arbre en ville. Laquelle fait l'objet d'une exposition visible jusqu'au 24 septembre au jardin des Plantes.

Que ce soit sur le plan paysager, environnemental ou même social, la présence de l'arbre dans nos rues, places, parcs ou espaces naturels amène de nombreux bénéfices, qui dépendent de leur essence, de leur positionnement ou encore de la densité du boisement. Avec bien sûr, en fil rouge, la transition écologique du territoire. 

Les boisements urbains

La Ville d'Angers est dotée d'environ quarante boisements publics. On parle ici d'espaces de tailles très variées: 120000 arbres pour la forêt urbaine de Grésillé, où les plantations ont eu lieu en deux tranches fin 2019 et fin 2020, un peu plus de 2000 pour les mini-forêts "Miyawaki", qui font suite à une proposition d'habitants dans le cadre du budget participatif, avec deux plantations en janvier 2023 aux Hauts-de-Saint-Aubin et à la Roseraie. Cette variété d'échelle permet d'intégrer ces boisements à des configurations urbaines très différentes, et ainsi de développer une "trame verte" porteuse de nombreux bénéfices.

Développer la biodiversité

Au premier rang de ces bénéfices, le maintien et le développement de la biodiversité en ville, végétale bien sûr mais aussi animale. En effet ces boisements mêlent des essences qui croisent arbrisseaux, arbres de taille moyenne et de grande taille. L'idée ici est de reproduire les différentes strates naturelles de la forêt, chaque strate constituant un refuge pour des espèces différentes (oiseaux, petits mammifères, insectes...). Cette biodiversité se retrouve également dans les sols, ce qui n'est pas leur seul atout par rapport aux sols minéralisés: en favorisant l'infiltration des eaux de pluie, les sols végétalisés limitent le ruissellement et ont aussi l'avantage de beaucoup moins restituer la chaleur.

Lutter contre les îlots de chaleur

C'est l'autre intérêt des espaces boisés en ville, qui permettent de lutter contre le phénomène des îlots de chaleur. Transports motorisés, inertie thermique des matériaux de construction (béton, enrobé de voirie...), résistance au vent du fait de la morphologie urbaine: autant d'éléments qui expliquent que les écarts de température entre villes et campagnes peuvent dépasser les 4 degrés. Or plusieurs facteurs permettent aux boisements urbains de limiter ce phénomène. La nature des sols en fait partie, tout comme l'évapotranspiration: quand les températures montent, les arbres relâchent l'humidité qu'ils ont captée, et fonctionnent ainsi comme des climatiseurs naturels. Ils créent aussi un ombrage qui permet aux façades de recevoir moins de chaleur, et donc de moins en restituer dans l'air ambiant.

Enfin, les espaces boisés et leur sol constituent des puits de carbone: accroître leur présence permet aux villes de jouer un rôle dans la captation du CO2, et donc de contribuer à limiter le réchauffement climatique.

Plus d'infos sur l'apport de l'arbre dans la lutte contre les îlots de chaleur dans le focus "L'arbre en ville, pour quoi faire?"

Les arbres d'alignement

Ce sont sans doute ceux auxquels on pense prioritairement lorsque l'on évoque l'arbre en ville: les arbres d'alignement qui jalonnent les rues, avenues et boulevards. Selon l'inventaire dressé par la Ville, Angers en compte 19500. Outre leur intérêt paysager, ils contribuent à leur échelle aux mêmes fonctions que les espaces boisés, mais concentrent également toutes les difficultés liées au milieu urbain. Système racinaire contraint par la taille de leur fosse, tassement du sol, chocs éventuels liés à la circulation, développement souvent limité par l'environnement immédiat: la durée de vie des arbres d'alignement est en moyenne de cinquante ans, alors qu'elle atteint plusieurs centaines d'années en milieu naturel. Par ailleurs la mauvaise santé d'un arbre peut amener une fragilité, avec un risque de chute de branche particulièrement dangereux pour des arbres situés directement sur la voirie. D'où un suivi resserré par les services de la Ville, notamment en cas de fortes chaleurs et de situation de stress hydrique.

Techniques de plantation durables

Ces difficultés sont accrues par le fait que, pendant de nombreuses années, le choix des essences plantées dépendait de critères principalement paysagers. Dorénavant d'autres motifs prévalent, qui tiennent compte de l'adaptation de l'arbre à son environnement immédiat ainsi qu'à l'évolution du climat. En témoigne à Angers le lancement de l'étude Sesame, voté par le conseil municipal en décembre 2022 (lire ci-dessous). 

Par ailleurs des techniques de plantation durable sont aujourd'hui mises en oeuvre, qui prévoient des fosses adaptées à l'essence mise en terre, avec l'installation en pied d'arbre de végétaux herbacés pour garantir un écosystème plus favorable. Les orientations du schéma directeur des paysages prévoient la plantation d'au moins 50 arbres d'alignement chaque année.

Les vergers partagés et conservatoires

Les vergers partagés et conservatoires (voir la cartographie) touchent à d'autres aspects de l'arbre en ville, à travers ses dimensions patrimoniale et sociale. Leur développement fait partie des objectifs du schéma directeur des paysages: depuis 2019, en tout 477 arbres fruitiers ont été plantés dans ce cadre.

Les vergers conservatoires ont pour but de contribuer à la préservation de variétés anciennes caractéristiques du territoire. Ils sont constitués notamment à partir de dons de particuliers, complétés d'achats auprès de pépinières locales. Fermés au public, ces vergers feront l'objet d'animations proposées en partenariat avec des professionnels et des associations spécialisées.

Les vergers partagés, en libre cueillette, ont au contraire vocation à être largement ouverts au public, pour constituer un point d'animation sur le thème de la nature en ville à l'échelle du quartier ou même de l'îlot d'habitation.

Trente-deux vergers ouverts à la libre cueillette

Constitués d'un petit nombre d'arbres et dans une logique de proximité, ils sont répartis sur 32 sites à travers la ville: parcs, squares, promenades, jardins, coulées vertes... Leur implantation peut également s'inscrire dans le cadre d'une concertation avec le conseil de quartier, comme ce fut le cas pour le jardin partagé de la Roseraie, ou faire suite à une proposition des habitants, à l'image des plantations plaine du Vallon dans le quartier Lac-de-Maine qui font suite à une proposition issue du budget participatif. Associer les habitants au développement de la nature en ville fait en effet partie des objectifs du schéma directeur des paysages: concernant plus précisément l'arbre en ville, c'est dans ce cadre qu'a été mis en place en 2022 le bon de plantation (lire ci-dessous).

Les arbres "signaux"

Dernière typologie de plantation destinée à enrichir la canopée angevine, les arbres dits "signaux" répondent à une vocation à la fois patrimoniale et paysagère. Patrimoniale car, cultivés dans des pépinières locales, ils présentent une large diversité d'essences et viennent ainsi enrichir le panel des variétés présentes dans la ville. Et paysagère, car le choix de leur site de plantation, leurs dimensions, formes, couleurs... ont pour but de les distinguer et d'en faire des "repères", qui marquent durablement le paysage angevin. Le schéma directeur des paysages prévoit la plantation d'au moins 50 arbres signaux chaque année.

Planter le bon arbre au bon endroit

Derrière son acronyme technique ("services écosystémiques rendus par les arbres modulés selon l'essence"), l'étude Sesame répond à une préoccupation simple: identifier les variétés qui seront les plus efficaces par rapport aux objectifs de l'arbre en ville (qualité de l'air, refuge de biodiversité, îlots de fraicheur...) et adaptées au effets du changement climatique et à l'environnement urbain.

Pour cela une convention a été passée avec le Cerema (Centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), afin de décliner l'étude Sesame sur le territoire angevin, pour tenir compte des caractéristiques locales, à l'échelle de la communauté urbaine d'Angers Loire Métropole dans le cadre de son Plan d'adaptation au changement climatique. Une centaine d'essences d'arbres et arbustes sera ainsi étudiée, en prenant en compte également le facteur allergène.

Une aide pour planter un arbre

Mis en place en 2022, le bon de plantation a pour but d'encourager les Angevins à contribuer au développement de l'arbre en ville. Il constitue en une aide financière, à laquelle chaque foyer peut prétendre une fois, d'un montant de 40 euros pour l'achat d'un arbre entre 80 et 100 euros, et de 50 euros pour un achat supérieur à 100 euros. L'arbre doit être planté en pleine terre, et respecter certains critères dans le choix de la variété (pas d'espèce invasive ou sensible au changement climatique par exemple). Toute l'info sur le bon de plantation

La technique du recépage

La technique du recépage est utilisée notamment dans les parcs pour préserver les arbres malades ou dépérissants. Explications en vidéo.

162000 arbres à Angers

Le patrimoine arboré angevin totalise 162000 arbres, répartis en plus de 200 essences différentes. Dans le détail, sont ainsi recensés:

  • 95600 arbres dans les parcs et boisements
  • 46465 arbres dans les forêts urbaines en devenir
  • 19500 arbres dans les rues
  • 480 arbres fruitiers en libre cueillette

Toute l'info sur le patrimoine arboré angevin

Le patrimoine arboré angevin se dévoile également du 24 juin au 24 septembre à travers l'exposition Nos Arbres, visible au jardin des Plantes (tous les jours de 7h30 à 20h, entrée gratuite).

L'exposition est aussi l'occasion de découvrir l'histoire de l'arbre à Angers et les techniques utilisées par les services de la Ville pour en prendre en soin, ainsi que d'apprendre à reconnaître les différentes écorces, feuilles, ou encore de comprendre le langage des arbres.

"L’important n’est pas de faire du chiffre mais d’intervenir là où c’est le plus pertinent"

Hélène Cruypenninck, adjointe à l'Environnement et à la Nature en ville

Comment la Ville agit-elle pour développer la présence de l'arbre?
L’ambition de notre schéma directeur des paysages et du plan Nature en ville est de planter 150000 arbres d’ici à 2026. L’important n’est pas de faire du chiffre mais d’intervenir là où c’est le plus pertinent, en plantant les bonnes essences au bon endroit. C’est pour cela que nous menons un travail d’identification des îlots de chaleur et un programme de végétalisation des cours d’école et de création de nouveaux boisements. Grésillé et Saint-Léonard réalisés, les prochains sites seront les parcs Balzac (30000 jeunes plants cet hiver) et Démazis (2500). Quant à l’entretien du patrimoine existant, il est aussi au cœur de nos priorités. Les arbres de rue subissent des contraintes et résistent moins bien que les arbres qui se développent en milieu rural. Il est donc primordial d’en prendre soin. Le Territoire intelligent nous y aide afin d’apporter la quantité d’eau nécessaire, notamment pour les plus jeunes sujets.

Quel rôle peuvent jouer les habitants?
J’invite le plus grand nombre à visiter l’exposition du jardin des Plantes, jusqu'au 24 septembre, qui aide à comprendre les nombreux services que nous rend l’arbre en ville. La communauté Angers Supernature, qui regroupe les acteurs du végétal, notamment les habitants jardiniers, est aussi très active et programme des animations à longueur d’année. 
Je rappelle également la mise en place d’une aide financière pour l’achat d’un arbre à destination des habitants, copropriétés et bailleurs, ainsi que le lancement, cet été, d’une grande consultation, quartier par quartier, afin d’identifier les lieux où il serait intéressant de planter.

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