Créé initialement par la Jeune Chambre Economique d'Angers et sa région dans le cadre du projet "Au nom des femmes", cet annuaire numérique invite à découvrir des femmes remarquables d'Anjou. Il permet de rendre visible des femmes que l'Histoire a souvent invisibilisées et incite à renforcer leur représentation dans l'espace public (dénomination des rues, places, parcs et jardins...).

L'annuaire est amené à être complété régulièrement. Une suggestion? Ecrivez à citoyennete(at)ville.angers.fr 

Qu'est-ce qu'une femme "remarquable" ?
"Une femme remarquable est, à notre humble avis, une personne dont l’engagement est "hors normes". Une personne dont l’action a bien souvent impacté notre territoire. La présence de certaines femmes dans cet annuaire pourrait vous interroger: certaines ont commis des actes répréhensibles, d’autres ont parfois exprimées des opinions qui seraient jugées durement aujourd’hui. Leur maintien dans l’annuaire a suscité dans l’équipe des débats et nous espérons qu’ils en créent pour vous aussi! Leur présence nous semblait en tout cas importante pour mesurer l’évolution de notre société sous le prisme de l’opinion et de l’engagement des femmes à travers les époques."

L'équipe du projet "Au nom de femmes" de la JCE 49

 

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1068-1146
Libre penseuse et princesse d’Anjou

Fille de Foulques IV, comte d’Anjou, elle naît au château d’Angers. Elle est donnée en mariage au duc d’Aquitaine, qui ne s’accommode pas de son caractère et la répudie.

Son père la remarie promptement au duc de Bretagne. Mais on ne donne pas Ermengarde! Elle tente de faire annuler les noces pour rejoindre l’abbaye de Fontevraud mais devra attendre d’être veuve pour s’y installer et favoriser son expansion.

L’abbé Geoffroy de Vendôme dit d’elle: "Par votre pouvoir terrestre, vous êtes utile à beaucoup. Vous sauvez les droits de la justice. Par la noblesse de vos vertus, vous dépassez la noblesse de votre extraction."

1106-1155
Religieuse

Fille du compte d’Anjou Foulques V, elle est mariée enfant à Guillaume Adelin, fils du roi d’Angleterre. Elle ne deviendra pas reine, son mari décédant tragiquement avant d’hériter du trône.

Veuve, elle retourne vivre auprès de son père jusqu’à son départ en croisade. Elle décide de rentrer dans les ordres et rejoint Fontevraud. À la mort de sa prédécesseure Pétronille de Chemillé, elle devient la deuxième abbesse de Fontevraud en 1142.

Elle fait intervenir le pape en 1154 afin d’empêcher le départ des moines de l’abbaye qui refusaient d’obéir à une femme.

1122 – 1204
Reine de France puis d’Angleterre

Mariée au roi de France Louis VII en premières noces, elle est critiquée pour ses tenues et son esprit libre. Les historiens attribuent ces critiques à l’influence qu’elle aurait eu sur le roi. À leur séparation, elle épouse en secondes noces Henri Plantagenêt, comte d’Anjou, de dix ans son cadet.

Deux ans plus tard, ils deviendront roi et reine d’Angleterre. Aliénor suit alors son mari dans ses voyages et le représente quand il ne peut pas se déplacer. Lorsque son fils, futur Richard Coeur de Lion, est proclamé duc d’Aquitaine, elle gouverne le duché en son nom.

Pour avoir comploté contre son mari, elle sera emprisonnée à Chinon et en Angleterre. Son fils Richard la fera libérer quinze ans plus tard à la mort de son père.

Aliénor se retire en 1200 à l’abbaye de Fontevraud où elle est inhumée.

Alénor d’Aquitaine eut un rôle fondamental dans le développement des vins de Bordeaux et de Loire en Angleterre. La cour Plantagenêt est aussi connue pour avoir protéger les artistes, à une époque qui connaît un important essor littéraire.

Vers 1379-1442
Duchesse d’Anjou

Mariée à Louis d’Anjou et mère du futur roi René, proche conseillère de Charles VII, elle se révèle une excellente politicienne. Elle protège le dauphin Charles en le gardant dans ses châteaux de la vallée de la Loire. Elle lui donne sa fille pour épouse et l’entoure de ses conseillers de la Maison d’Anjou. Elle apporte son soutien à Jeanne d’Arc et manœuvre pour rompre l’alliance de la Bretagne avec l’Angleterre en favorisant l’essor du connétable Arthur de Richemont, futur duc de Bretagne.

Née en 1949
Artiste

Qui ne connait pas Fanny Ardant? Mais saviez-vous qu’elle était née à Saumur? En tant qu’actrice et comédienne, elle a joué dans 70 films, de nombreux téléfilms et plus d’une trentaine de pièces.

Fanny Ardant a également réalisé quatre films et mis en scène deux pièces de théâtre.

Récompenses: César de la meilleure actrice en 1997 dans Pédale Douce, prix Lumières 1997 pour Ridicule, prix partagé de la meilleure contribution artistique et meilleure actrice en 2002 pour Huit Femmes, prix Stanislavski au Festival international du film de Moscou en 2003, César de la meilleure actrice dans un second rôle en 2020 dans La Belle Époque.

Née en 1946
Femme politique

Scolarisée à Angers, où son père siège au conseil municipal, elle débute sa carrière politique comme conseillère générale de Maine-et-Loire en 1982. Roselyne Bachelot est également militante pour de nombreuses causes comme le droit à la contraception et à l’avortement, la lutte contre le Sida, la parité hommes/femmes ou les droits des homosexuels.

Extraits de son parcours politique: ministre de l’Écologie et du Développement durable, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, ministre et de la Vie associative, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, ministre de la Culture, députée européenne.

Elle a été distinguée de la Grand-croix de l’ordre pro Merito Melitensi, Chevalier de la Légion d’honneur, Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres.

Amateure d’art lyrique et souvent chroniqueuse ou comédienne, elle est une fervente ambassadrice de l’Anjou et de sa culture.

Née en 1947
Femme de lettres

Diplômée de l’École normale supérieure de Bamako, elle y rencontre son futur mari, Alpha Oumar Konaré. Ensemble, ils écrivent "Grandes Dates du Mali" et mènent de nombreuses actions pour rétablir la démocratie du pays, alors que la plupart des activités politiques sont interdites.

À la destitution de Moussa Traoré, son mari est élu président de la République du Mali.

Elle écrit dix livres et s’engage pour la cause des femmes au Mali. À l’initiative de la création du musée de la femme Muso Kunda (traduire "du côté des femmes") à Bamako, elle en assure la présidence. Ce projet fait suite à son livre, "Le Dictionnaire des femmes célèbres du Mali" dans lequel figurent des portraits de femmes tuées lors de la chute du régime dictatorial.

Dans le cadre de la coopération entre Angers et Bamako, nous avons souhaité mettre en avant une femme remarquable malienne.

Née en 1965
Historienne

Maîtresse de conférence en histoire contemporaine et professeur des Universités depuis 1995, elle travaille sur l’histoire des femmes, du féminisme, de l’antiféminisme et du genre. Elle fédère notamment les recherches interdisciplinaires sur le genre à Angers et dans les Pays de la Loire.

En 2014, elle crée le musée virtuel Musea dont elle dirige le comité scientifique. Elle y conçoit deux expositions: "Femmes au masculin" et "Visages du suffragisme français". Ses recherches ont fait l’objet de nombreuses conférences et publications.

En 2000, elle crée l’association Archives du fédéralisme qu’elle préside.

Exemples d’ouvrage: "Ce que soulève la jupe", "Une histoire politique du pantalon", "Les Filles de Marianne", "Modes et fantasmes des années folles", "Les Femmes dans la société française au XXe siècle".

Fin 19e-début 20e siècle
Institutrice

Comme de nombreuses institutrices, elle rejoint l’Union française pour le suffrage des femmes, créée en 1909. Dès 1911 elle fonde l’antenne angevine de l’association et en assure la présidence pendant  vingt-cinq ans. Elle entretient de nombreuses correspondances avec la présidente nationale de l’USFS, donnant un éclairage sur les actions féministes de l’époque.

C’est notamment grâce à l’USFS que les femmes obtiennent le droit de vote en 1944.

? – 1829
Militante

Elle suit à Paris une formation de maître auprès du fondateur des méthodes d’instruction pour les sourds-muets, l’abbé de l’Épée. Elle ouvre en 1777 à Angers sa propre école pour sourds-muets, qui leur permet de s’intégrer dans la société grâce à une formation académique mais aussi professionnelle. Elle contribue ainsi à la transformation de leur image, qui aboutit à la reconnaissance de leurs droits en 1791.

Née en 1964
Historienne et femme politique

Historienne, sa thèse de doctorat avait pour sujet "Si les tableaux pouvaient parler. Le traitement politique et médiatique des retours d’oeuvres d’art pillées et spoliées par les nazis (France 1945-2008)". L’accompagnement à la citoyenneté des étudiants, la lutte contre le sexisme et l’homophobie sont parmi ses engagements professionnels et militants.

Elle participe au projet "Musea", site édité par l’Université d’Angers qui propose depuis 2014 des expositions virtuelles sur l’histoire des femmes et du genre. Elle conçoit ainsi quatre expositions: "La citoyenne Marie Bonnevial (1841-1918)", "Rose Valland, sur le front de l’art", "Le Planning familial: 50 ans en affiches", une exposition sur Yvette Roudy en affiches et photos.

Sénatrice sous la bannière Europe Ecologie Les Verts (EELV) de 2011 à 2017, elle préside le groupe EELV au Sénat quelques mois, avant de devenir secrétaire du bureau du Sénat.

En 2020, elle est élue conseillère municipale d’Angers et nommée vice-présidente d’Angers Loire Métropole chargée de la transition écologique et des déplacements.

1903-1986
Sage-femme

Exerçant à Angers, elle préside le Syndicat des sages-femmes du Maine-et-Loire (USFS).

En 1931, la Ligue française pour les droits des femmes (LFDF) organise à Angers une réunion publique. Georgette Boulestreau y prend la parole pour revendiquer le droit de vote des femmes. À l’issue de cette réunion, la section angevine de la LFDF est fondée et elle en devient la première présidente.

1898-1993
Militante

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle tient une chronique d’entraide au Courrier de l’Ouest et s’engage dans la Commission Familiale et Ouvrière du Logement (CFOL) d’Angers. Le but: trouver un toit décent à des familles sans-logis.

Elle fonde l’antenne angevine des Castors, une association d’auto-construction coopérative permettant à ses membres de construire leur propre logement. La presse la surnomme la "fée des sans-logis", "la madone" ou "la Jeanne d’Arc des squatteurs".

Titulaire des diplômes d’infirmière, d’assistante sociale et jardinière d’enfants, elle fut à la direction de plusieurs cliniques dont l’Institut de puériculture de Paris.

1909-1989
Résistante

Dans sa jeunesse, elle lance une des premières unités provinciales de louveteaux à Angers avec les Scouts de France. Elle fait également la promotion du sport féminin, en pratiquant des sports à l’époque plutôt réservés aux hommes: l’aviation et la moto.

Sous l’Occupation, elle rejoint la Résistance et fait de son cabinet dentaire un véritable quartier général clandestin.

Elle recevra la Croix de Guerre et la médaille de la Résistance. Une rue porte son nom à Angers.

1909-2009
Femme politique

Suite à la loi de 1944 par laquelle les femmes deviennent électrices et éligibles, elle se présente aux élections municipales de 1945. Elle devient la première femme élue à la Ville d’Angers et au Département de Maine-et-Loire, chargée des affaires sociales.

Pendant son mandat, elle crée la première crèche de la ville, le premier foyer des "vieux travailleurs" et oeuvre à la suppression des maisons closes.

Sa vision des femmes politiciennes est la suivante: "Je voudrais dissiper l’inquiétude de quelques-uns qui peut-être hésitent encore à placer leur confiance dans une femme. La femme je le sais a des programmes d’action bien définis; elle doit fonder un foyer, élever ses enfants (…). Ce sont des tâches bien absorbantes qui ne lui permettent pas de s’occuper de politique, allez-vous dire. Mes chers amis, je vous répondrai tout de suite: vous ignorez le véritable sens du mot politique. Faire de la politique de nos jours ce n’est pas déserter la vie du foyer, c’est au contraire la protéger par tous les moyens."

1710-1785
Femme de lettres

Auteure de romans à succès, elle adopte un style populaire, genre méprisé à cette époque. Dans ses ouvrages, elle insiste sur l’analyse des différences que la société crée entre les femmes et les hommes. Selon elle, la société ne protège pas les femmes, et plus particulièrement les célibataires.

1885-1939
Femme de lettres

Journaliste et romancière dans la période de l’entre-deux guerres, Claude Chauvière fut secrétaire et amie de Colette, sur laquelle elle publiera un essai en 1931. Cet ouvrage restera une référence pour les biographes de cette dernière.

Elle est l’auteure d’une vingtaine de romans et nouvelles ainsi que de nombreux articles. En 1928, "L’ai-je aimé?" est désigné comme l’un des meilleurs romans féminins.

Accueillie dans sa jeunesse dans une maison de la rue du Mail à Beaufort-en-Vallée, elle restera attachée à l’Anjou et l’évoquera à plusieurs reprises dans ses écrits. En 1928, malade, elle entre à l’hôtellerie du cloître de l’Esvière à Angers pour se reposer. Décédée en Provence, elle est inhumée à Beaufort-en-Vallée conformément à son vœu.

Vers 1090-1149
Religieuse

Pétronille de Chemillé est une noble angevine du XIe siècle, remarquée pour son intelligence et sa beauté.

En 1111, après le décès de son second époux, elle accepte la demande de Robert D’Arbrissel de diriger l’abbaye de Fontevraud, et devient ainsi la première abbesse à en prendre la direction. Elle fonde ensuite l’abbaye de Boulaur dans le Gers, d’abord rattachée à Fontevraud.

1923-2015
Proxénète

Née à Angers sous le nom de Fernande Grudet et issue d’un milieu modeste, elle se prostitue pour subvenir à ses besoins. Elle monte à Paris dans les années 1950 et fonde son entreprise de "prostitution de luxe". Elle invente le concept novateur de call-girl, donnant à "ses filles" les codes d’éducation et les moyens pour fréquenter les dîners mondains.

Poursuivie par le fisc en 1976, elle s’enfuit aux États-Unis et change d’identité. Elle prend le nom de Claude Tolmatcheff et ouvre un restaurant.

Elle retourne en France à la fin de sa vie et est emprisonnée à plusieurs reprises après avoir tenté à nouveau de créer un réseau de prostitution.

1848-1926
Artiste

Petite, elle prend des cours de musique et de chant avec son père, organiste de la cathédrale d’Angers. Elle devient dans un premier temps chanteuse lyrique en tant que soliste à l’opéra de Paris. Elle est alors surnommée "la belle angevine".

Elle se tourne ensuite vers la peinture en se formant dans l’atelier d’Alfred Stevens et intègre son école de peinture pour femmes. De 1888 à 1898 elle enchaine les expositions, notamment au Cercle des femmes peintres en Belgique, à l’exposition universelle de Paris et durant l’exposition des femmes artistes dans la galerie Georges Petit.

Deux de ses tableaux sont conservés au musée des Beaux-Arts d’Angers.

1895-1982
Résistante

Militante communiste de Trélazé, elle s’engage dans la Résistance avec son mari Louis Forest. Arrêtée, elle est déportée à Ravensbrück le 15 avril 1943. À sa libération par la Croix-Rouge le 9 avril 1945, elle est rapatriée à Angers.

Elle devient conseillère municipale de Trélazé de 1945 à 1953, et est décorée de la Croix de guerre en 1968.

1902-1996
Femme de lettres

En collaboration avec son mari Camille Fraysse, elle rédige plusieurs ouvrages d’ethnologie sur les fleuves d’Anjou et le métier de marinier.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle partage sa passion des troglodytes avec sa famille, un lieu de vie associé à l’époque à un mode de vie arriéré. Ensemble, ils visitent et répertorient des dizaines de sites aujourd’hui fermés.

Quelques ouvrages rédigés par Jeanne et Camille Fraysse: "Habitat temporaire, souterrains-refuges: contacts avec l’histoire locale, toponymie, épigraphie, sculptures"; "Loire angevine et Maine: mariniers et riverains d’autrefois"; "Les Mariniers de la Loire en Anjou: Le Thoureil"; "Folklore des troglodytes angevins"; "Vie quotidienne au temps de la marine de Loire".

À sa mort, plusieurs expositions lui sont consacrées: l’exposition "Passions et collections de deux folkloristes angevins" en 1999 à Châteauneuf-sur-Loire et "La collection prestigieuse de Jeanne et Camille Fraysse et les mariniers de la Loire" en 2012 à Saint-Clément-des-Levées.

Née en 1977
Sportive

Athlète mexicaine, elle s’installe en 2001 à Angers. C’est le début d’une période où elle domine la discipline du 400 mètres, remportant 28 courses consécutives jusqu’en 2004. Parmi ses nombreux titres, elle fut championne du monde du 400 mètres en 2003 à Paris, médaillée d’argent au 400 mètres aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, médaillée d’or aux Jeux panaméricains de 2007 à Rio de Janeiro. Elle prend sa retraite sportive en 2008.

Après sa carrière sportive, elle s’engage en politique dans son pays natal, le Mexique, où elle est élue sénatrice pour le Parti du travail.

Son agression en 2016 par quatre hommes, aux abords de Mexico City, marquera le début de son combat contre les violences de genre.

Née en 1976
Pilote

Née à Angers, elle effectue son baptême de l’air à 12 ans. Suite à une formation militaire et scientifique, elle devient pilote de chasse dans l’armée de l’air française. Elle sera en 2008 la première femme à intégrer la prestigieuse Patrouille de France, la patrouille acrobatique officielle de l’armée de l’air française. C’est également la première femme à en assurer la direction.

En 2015, après dix-huit ans au service de la France, elle quitte ses fonctions. Elle est désormais conférencière.

Parmi de nombreuses distinctions, elle a notamment été sacrée Chevalier de la Légion d’honneur, Chevalier de l’Ordre national du mérite, décorée de la Croix de la Valeur militaire.

1914-1987
Femme politique

En 1964, alors que le souvenir de la guerre est encore frais, celle que tout le monde appelait Francette a le courage de travailler au rapprochement franco-allemand, donnant naissance au jumelage entre Angers et Osnabrück.

Elle établit également un premier contact avec le Mali et est à l’impulsion de la coopération entre Angers et Bamako en 1974.

Conseillère municipale de la Ville d’Angers sous la mandature de Jean Turc, elle suivit les traces de l’action de son père qui avait lancé les Semaines sociales de France.

Dans le domaine associatif, elle fonde en 1946 l’Association pour la promotion des femmes et, en 1987, l’association Europe Anjou Femmes, mouvement de soutien aux prisonniers.

Une rue à son nom est inaugurée en 2014 dans le quartier des Hauts-de-Saint-Aubin à Angers.

1665 - ?
Religieuse

En 1714, elle fonde une association féminine, la Maison et École de Charité, qui prendra plus tard le nom de Congrégation des Soeurs de Saint-Charles d’Angers. L’objectif est double: soigner les pauvres et former des maîtresses d’école pour les envoyer dans les campagnes instruire les jeunes filles.

En 1843, l’évêque d’Angers, Mgr Angebault, donne une impulsion nouvelle à la fondation en la transformant en congrégation religieuse. Les actions se multiplient dans le Maine-et-Loire et les départements voisins: postes de soins, maisons de santé, maisons d’enseignement, écoles de fabrique, crèches…

La congrégation Saint-Charles d'Angers devient la principale congrégation enseignante angevine. Dans le Maine-et-Loire, un écolier sur cinq y est scolarisé au 19e siècle.

1645 – 1720
Traductrice

Née en Bourgogne, Anne Le Fèvre passe sa jeunesse à Saumur. Elle part à Paris et devient traductrice, où elle se fait connaître en participant à la collection "In usum Delphini", ouvrages grecs et latins destinés à l’instruction du Dauphin, fils de Louis XIV. C’est la seule femme à participer à ce projet et à y rédiger quatre textes.

La fidélité avec laquelle elle traduit le Latin et le Grec, notamment les oeuvres d’Homère, engendre une polémique entre les auteurs célèbres de l’époque. Ces derniers la trouvent trop éloignée des goûts littéraires de l’époque.

Elle épousera en secondes noces l’homme de lettres André Dacier, avec qui elle collaborera sur de nombreux ouvrages.

Après sa mort, Voltaire l’a présentée comme "l’un des prodiges du siècle de Louis XIV". C’est grâce à elle que le mot "traductrice" a été introduit dans la langue française.

1943-2003
Artiste

Née à Angers, elle obtient un baccalauréat de philosophie en 1962 et étudie la musique au Conservatoire d’Angers. Elle débute sa carrière en tant que professeur à l’école de musique des Ponts-de-Cé, dont elle devient directrice en 1972, puis le restera jusqu’à sa mort. Cette école porte aujourd’hui son nom.

Passionnée par l’art lyrique, elle perfectionne son chant auprès de célèbres cantatrices, chanteurs d’opéra et metteurs en scène. Elle interprète notamment Leila dans "Les pêcheurs de perles" et Frasquita dans "Carmen".

Elle intègre deux associations: Le Grenier lyrique angevin, qui promeut la culture musicale par la pratique du chant, et les Amis de l’art lyrique d’Angers, dont elle était la fondatrice et la secrétaire générale.

Elle a reçu le diplôme d’honneur de l’Académie internationale d’été de Nice et le prix Ninon Vallin des Voix d’Or.

1988-2014
Journaliste et photographe de guerre

Native d’Angers, elle découvre pendant ses études le drame qui se joue dans certaines zones d’Afrique subsaharienne. Elle sera dès lors déterminée à révéler l’ampleur de cette crise, et couvrira plusieurs zones de conflits à travers le continent.

Au gré de son périple, elle est employée par des agences de presse locales, mais aussi par Médecins sans Frontières ou Amnesty International. Des médias prestigieux saluent son travail et son regard intuitif.

Elle dévoile l’horreur de la guerre civile centrafricaine, dont l’absurdité la révolte, en "témoignant par l’image de la réalité de la vie des populations prises en otage". Elle acquiert une notoriété mondiale grâce au succès de ses photos qui seront publiées par Reuters, Associated Press, l’AFP, la BBC, Le Monde, le Wall Street Journal, le Guardian, le Sunday Times, le Washington Post, La Croix.

Le 12 mai 2014, Camille Lepage est tuée par une coalition locale sur son terrain d’investigation en République centrafricaine. De nombreux hommages lui sont rendus, dont le film "Camille", réalisé par Boris Lojkine et sortie en salles en 2019.

Née en 1981
Sommelière

Sommelière au restaurant Racines NY à Manhattan depuis 2018, elle y présente une carte de 3000 vins dont près de 500 références d’Anjou. Elle met notamment à l’honneur les vins biologiques et biodynamique.

Après un DESS et un master en management international de la restauration, elle obtient une mention complémentaire "sommellerie" à l’Esthua, tourisme et culture de l’Université d’Angers.

En 2014, elle obtient le master "sommelier" aux Etats-Unis et enseigne dans de prestigieuses écoles de restauration new-yorkaises.

En 2018, elle devient la première femme lauréate des deux concours nationaux "Meilleur Ouvrier de France - Sommellerie" et "Meilleur sommelier de France". Elle aussi la première femme à recevoir le prix de "Personnalité de l'année" décerné par La Revue du vin de France, en 2019, et reçoit cette même année le titre de Chevalier de l'Ordre national du mérite.

Elle est sélectionnée pour représenter la France en février 2023 aux championnats du monde de sommellerie organisés à Paris.

1942-1987
Femme politique

Née à Angers pendant l’occupation, issue d’un foyer modeste, elle intègre l’Université catholique de l’Ouest à Angers puis l’École normale sociale de l’Ouest, et devient assistante sociale.

Membre de la Jeunesse étudiante chrétienne, de l’Unef puis du Parti socialiste (PS) dès 1974, elle oeuvre pour améliorer les conditions de vie des personnes les plus précaires.

De 1977 à 1987, elle est adjointe aux affaires sociales à Trélazé. En parallèle, en 1986, elle devient la première femme députée du Maine-et-Loire après avoir été première secrétaire du PS du département.

1800-1888
Femme de lettres

Aristocrate née à Château-Gontier, elle hérite des terres de ses parents à Angers. Dans sa propriété de La Licorne, elle accueille généreusement les nécessiteux. Sa sensibilité politique et ses idées sociales sont étroitement liées à son éducation chrétienne.

Personnalité angoissée et voyageant peu, elle trouvera de la consolation dans ses correspondances, notamment celles entretenues avec George(s) Sand et, pendant dix-neuf ans, avec Gustave Flaubert. Elle écrit treize ouvrages dont "Mémoires d’une provinciale" et publie des articles dans Le Phare de la Loire.

Mariée à un officier russe, elle le suivra dans son pays mais reviendra finir ses jours à Angers.

1587-1646
Religieuse

Fille de Claude de Maillé, seigneur de Brézé, et de Robinette Hamon, dame de Bouvet, elle devient abbesse de l’abbaye du Ronceray. Il s’agit de la seule abbaye composée uniquement de femmes que compte la ville d’Angers.

En 1624, elle achète l’hôtel du Puygaillard qui deviendra plus tard le Carmel d’Angers, servant notamment d’orphelinat et de prison pour femmes à la Révolution française.

1929-1982
Militante

Normande d’origine, c’est à Angers que sa famille s’installe durant la Seconde Guerre mondiale. D’abord surveillante de cantine, elle devient militante sociale à la Confédération française démocratique du travail (CFDT) et présidente de l’Association des locataires du Grand-Pigeon dans les années 50.

Entre 1977 et 1982, elle siège au conseil municipal d’Angers tout en continuant à s’investir pour son quartier du Grand-Pigeon. Elle y obtient la création du "Mille Club", maison pour tous dont elle devient l’ambassadrice.

1928-2017
Artiste

Actrice, chanteuse et réalisatrice, elle a joué dans plus de 130 films. Elle est la seule comédienne à avoir présidé deux fois le jury du festival de Cannes, en 1975 et 1995. Prix d’interprétation féminine en 1960 et César de la meilleure actrice en1992, elle reçoit un Oscar d’honneur pour saluer l’intégralité de sa carrière en 1998 et deux César d’honneur en 1995 et 2008.

En 2003, elle devient présidente du festival de cinéma Premiers Plans à Angers. Elle crée ensuite en 2005 les Ateliers d’Angers à destination de jeunes cinéastes.

Jérôme Clément, président du festival, dira d’elle: "Elle avait compris que le moment était venu de transmettre, et Angers était sa terre de prédilection."

Après son décès en 2017, son nom est donné à la rue d’Angers qui accueille le cinéma Les 400 Coups, partenaire du festival Premiers Plans.

1893-1964
Actrice

Née à Angers sous le nom de Blanche Fumoleau, elle commence très jeune sa carrière d’actrice au cinéma et au théâtre. Consacrée par ses prestations dans les pièces d’Henry Bernstein, elle devient dans les années 1930 l’une des vedettes les plus populaires du cinéma parlant.

Symbole de la femme libre des années folles, elle est l’une des premières femmes à obtenir son brevet de pilote de dirigeable.

À la Libération, elle se battra pour innocenter son amant Max Bonnefous, secrétaire d’État dans le gouvernement de Vichy. Il sera acquitté et ils se marieront peu avant la mort de Gaby Morlay.

1855-1952
Humaniste

Sans avoir jamais eu de fonction officielle, elle a oeuvré pour le bien-être des employés de la distillerie Cointreau. Épouse d’Édouard Cointreau, inventeur de la célèbre liqueur angevine, elle impulse la semaine de quarante heures et les congés payés avant que la loi ne soit votée. Selon elle, pas de développement sans des travailleurs motivés et heureux d’exercer leur profession.

Membre de L’Union des femmes de France, association féministe qui lutte pour les droits des femmes, elle y occupe les postes de trésorière, de vice-présidente puis de présidente en 1909.

Au début de la Première Guerre mondiale, elle participe à la création d’un hôpital pour les poilus.

Elle a reçu les distinctions de Chevalier et Officier de la Légion d’honneur, et d’Officier des Palmes académiques.

1796-1868
Religieuse

Née pendant la Révolution à Noirmoutier, elle devient religieuse à Tours au couvent du Refuge, dans l’ordre religieux de Notre-Dame de Charité. Elle en devient la mère supérieure à l’âge de vingt-neuf ans et donne un nouvel élan à sa communauté.

En 1835, c’est à Angers qu’elle vient fonder sa propre congrégation religieuse autonome, celle de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur. La mission est d’accueillir et d’accompagner les femmes dans le besoin en France et à travers le monde.

Elle deviendra soeur Marie-Euphrasie, et sera canonisée en 1940. En tant que sainte de l’Église catholique romaine, elle est commémorée le 24 avril.

1918-1984
Auteure et historienne

Née à Parnay, elle est issue d’une famille prestigieuse: petite-fille et fille de député et de ministre, elle compte Jules Ferry parmi ses aïeuls. Elle épouse Edgar Pisani, ministre de Charles de Gaulle.

Inspirée par son entourage, elle devient auteure et historienne. Elle publiera cinq ouvrages relatant des événements politiques importants: Jules Ferry et le partage du monde en 1962, Le Coup d’état manqué du 16 mai 1877 en 1965, Le Général Boulanger en 1969, Monsieur l’instituteur: l’école primaire a 100 ans en 1981, Le Neveu de Jules Ferry: Abel le ministre soldat.

1906-2002
Résistante

Née à Saint-Pierre-Montlimard dans le Maine-et-Loire, elle entre dans la Résistance sous le pseudonyme de "Ninette". Elle profite de son métier d’infirmière pour obtenir des laissez-passer. Tout en continuant à soigner les malades, elle recueille des renseignements décisifs sur l’armée allemande.

En 1940, elle diffuse l’appel du général de Gaulle dans la région des Mauges. Engagée comme cheffe de groupe dans le mouvement Libération Nord, elle devient un agent des réseaux d’Estienne d’Orves, "Honneur et Patrie" à Angers, et "Cohors-Asturies" à Nantes. Elle mènera de nombreuses missions pour la Résistance.

Arrêtée en 1944 par la Gestapo, elle est à enfermée à Tours et Angers puis déportée en Allemagne. Elle survivra aux camps de concentration et sera libérée par les Américains.

Elle est titulaire de très nombreuses décorations, en particulier celle de Commandeur de la Légion d’honneur, une distinction donnée à peu de femmes en France.

1926-2007
Archiviste-paléographe

Elle est la première femme à prendre la direction des Archives départementales de Maine-et-Loire, de 1969 à 1990.

Elle rédige le "Domaine des abbayes bénédictines du diocèse de Reims" et participe à la publication du "Guide des archives de Maine-et-Loire", un instrument de travail précieux pour l’époque.

C’est aussi la première femme à présider l’Association des archivistes français, puis l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts d’Angers.

Elle est membre fondatrice de l’Association généalogique de l’Anjou de 1973 jusqu’à son décès.

Distinctions: prix du président Henri de Montégut-Lamorélie, médaille du concours des antiquités de la France de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Fin 19e-début 20e siècle
Cuisinière

Originaire des Aubiers, elle invente par hasard la recette du crêmet d’Anjou en 1890.

Avec l’aide de son mari, elle le rendra ensuite célèbre en le produisant à une échelle plus importante dans leur crèmerie de la rue Saint-Julien à Angers.

Dessert à base de crème et d’oeuf, il est désormais considéré comme une spécialité régionale.

1899-2001
Femme de lettres

Angevine habitée par un enthousiasme hors du commun, elle porte un regard lucide et réfléchi sur tout son siècle.

Elle est l’un des premiers auteurs édités à pratiquement 100 ans. Dans son roman “Le Livre d’une pétillante centenaire", elle dévoile des extraits de son oeuvre littéraire.

Elle évoque avec humour son Haut-Anjou natal, et décrypte notamment les courriers de son père, capitaine de vaisseau pendant la Première Guerre mondiale.

Elle est Présidente d’honneur et fondatrice du Comité d’Anjou des écrivains de l’Ouest en 1996.

1645-1704
Religieuse

Personnalité influente du XVIIe siècle, Marie-Madeleine Gabrielle Adélaïde de Rochechouart de Mortemart transforma l’abbaye royale de Fontevraud en foyer de rayonnement intellectuel et culturel. On dit qu’elle se distinguait par son esprit et son instruction autant que par sa piété.

Dans son enfance, elle se consacre à l’étude de la philosophie et des langues mortes et vivantes. Plus tard, elle traduit les trois premiers livres de L’Iliade d’Homère et, avec l’aide de Racine, Le Banquet de Platon.

Douée d’une grande justesse d’esprit, elle voit les meilleurs écrivains de l’époque frapper à sa porte pour lui demander avis et conseils.

Nommée supérieure générale de Fontevraud en 1670 par Louis XIV, son autorité sur l’abbaye-mère et la cinquantaine de prieurés qui en dépendaient lui valut le titre de reine des abbesses.

Saint-Simon raconte que "son esprit surpassait celui de ses soeurs, et qu’elle y joignait un savoir fort et étendu".

1891-1966
Résistante

D’origine britannique, issue d’une famille militaire, elle s’engage comme ambulancière pendant la Première Guerre mondiale. Elle intègre l’unité Hackett Lowther Ambulance, créée pour donner plus d’opportunités aux femmes de s’engager dans l’armée anglaise.

Elle se marie en 1919 avec le lieutenant douessin et futur maire d’Angers Victor Chatenay, fondateur du réseau résistant "Honneur et Patrie" en 1940. Elle devient un membre actif de ce réseau avec ses cinq enfants.

Suspectés en 1942 par les services de police allemands, ils sont interrogés puis relâchés. Ils quittent l’Anjou mais pas la Résistance. Alors que son mari rejoint l’Intelligence Service à Londres, elle poursuit ses activités clandestines de renseignements.

Arrêtée début 1944 à Paris et déportée à Ravensbrück, elle sera libérée en avril 1945.

Née en 1968
Sportive

Née à Angers, elle commence la natation à 5 ans. Championne de France de natation à plusieurs reprises, elle participe aux JO de Séoul.

En 2009, elle est diagnostiquée comme atteinte de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une maladie neurologique génétique qui touche les nerfs contrôlant les muscles des jambes. Grâce à son mental et sa capacité de résilience exceptionnels, elle reprend la natation en handisport. À nouveau avec succès, puisqu’elle est sélectionnée pour les Jeux paralympiques de Tokyo 2021, ce qui fait d’elle la première sportive française à avoir participé à des Jeux olympiques et des Jeux paralympiques.

Palmarès: neuf fois championne de France entre 1984 et 1988 (un titre sur le 100 mètres papillon et huit sur le 200 mètres papillon), championne d’Europe du 50 mètres nage libre handisport à Dublin en 2018.

1884-1944
Enseignante et résistante

Elle est directrice du collège de jeunes filles Joachim-du-Bellay alors que les locaux sont réquisitionnés par les troupes d’occupation allemandes. À l’origine d’un groupe de résistantes aidant notamment des réfugiés et des jeunes filles juives, elle est arrêtée en 1943 avec d’autres enseignantes du collège.

Incarcérée à la prison d’Angers puis transférée à Romainville et à Compiègne, elle est déportée à Ravensbrück avec ses collègues du lycée. Leur amitié perdurera et elles réfléchiront à une organisation visant à favoriser après la Libération le travail et la santé des femmes. Elle ne verra pas ce projet aboutir, mais trois de ses camarades survivront et reviendront à Angers.

Scientifique et auteure

Agrégée de sciences physiques, docteur ès sciences naturelles et auteure d’ouvrages botaniques, elle fut directrice de l’Ecole Normale Supérieure agricole et ménagère de Savennières en 1948.

1874-1953
Femme de lettres

Née à Segré sous le nom d’Antoinette de Bergevin, sa vie est pleine de paradoxes. Dès 18 ans, elle choisit le pseudonyme de Colette Yver et publie des romans pour la Bibliothèque morale de la jeunesse à Rouen. Selon elle, une jeune fille doit avoir la même éducation qu’un jeune garçon pour prétendre à la même carrière. Pourtant, ses romans mettront en scène des femmes émancipées à qui la vie fait comprendre qu’elles auraient mieux fait de rester de bonnes mères au foyer.

En 1907, elle remporte le prix Fémina, créé trois ans plus tôt pour offrir une alternative féminine au Prix Goncourt, alors jugé misogyne. Elle en rejoindra même le jury, exclusivement composé de femmes.

Elle est nommée Chevalier de la légion d’Honneur en 1931.

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