Publié le 11-02-2026
Culture
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Culture
Sur le modèle des bibliothèques qui permettent d’emprunter des livres et les lire chez soi, l’artothèque permet d’emprunter des œuvres d’artistes contemporains pour orner les murs de son appartement ou sa maison. Estampes, photographies ou dessins contemporains peuvent ainsi trouver leur place à domicile pour une durée de deux mois grâce à un système d’abonnement.
C’est ainsi que Véronique Rabaud admire depuis quelques semaines La maison qui brûle, une photographie de Bernard Faucon en grand tirage exposée dans sa pièce de vie. "J’ai été attirée par cette œuvre à cause de ce grand ciel magnifique", explique-t-elle. Sur le mur opposé, une autre œuvre de l’artothèque : un dessin représentant un castor tout en nuances de vert, avec une touche onirique.
Pour faire son choix, Véronique s’est laissée guider par Mari, l’une des médiatrices de l’artothèque. Le fonds d’art contemporain dispose d’une collection de près de 1 200 pièces. Les œuvres d’artistes émergents – originaires notamment des Pays de la Loire ou des écoles d’art locales – y côtoient celles de figures reconnues comme François Morellet, Sonia Delaunay, William Klein ou Lee Friedlander. "Pendant plusieurs mois, j’ai emprunté des photographies en noir et blanc. Puis j’ai eu envie d’un peu de couleurs. Parfois je n’ai aucune idée et les médiateurs sont libres de me proposer ce qu’ils veulent", détaille Véronique.
"J’aime changer régulièrement de décoration"
C’est la possibilité de changer régulièrement les œuvres qui habillent son appartement qui a incité Véronique à s'abonner à l'artothèque. "J’aime changer régulièrement de décoration. Mon salon ressemble à un petit cabinet de curiosités, confie Véronique. L’artothèque me permet de concilier ce besoin de changement régulier avec mes valeurs de consommation responsable."
Dans quelques jours, il sera temps de remballer les œuvres dans leur pochette de transport pour les rapporter au premier étage du Repaire urbain qui accueille l’artothèque. Toujours en quête du coup de cœur, Véronique a déjà repéré plusieurs pièces parmi les nouvelles acquisitions. De quoi imaginer de nouvelles ambiances pour sa petite galerie d’art à domicile.
Plus d'info sur l'artothèque d'Angers, Ouvre une nouvelle fenêtre
Au fil des trois dernières années, l’artothèque a enrichi sa collection de 46 nouvelles œuvres réalisées par 33 artistes émergents et de renom. Une sélection des nouvelles acquisitions est à découvrir jusqu’au 23 mai 2026, au Repaire urbain. Les œuvres sélectionnées sont représentatives des grandes orientations de la création actuelle. Voici cinq œuvres qui rejoindront prochainement les rayonnages des œuvres à emprunter, commentées par Elodie Derval, responsable de l’artothèque.
Dans Symbiose, Tamaris Borrelly fait coexister formes microscopiques et macroscopiques au sein d’un paysage constitué de matière, d’humus et de corps en formation. Alliés les uns aux autres par des cordons, ces êtres hybrides échangent fluides et flux d’informations, symbolisant les liens nécessaires à une harmonie respectueuse des différentes formes de vie sur Terre.
Cette lithographie réalisée en encre argentée met en scène un univers bucolique, qui rappelle le romantisme allemand du 19e siècle. Un ovni anachronique, issu d'une imagerie du milieu du 20e siècle, y prend place.
Sébastien Camboulive a récemment acheté une maison dotée d’un jardin luxuriant. Cette photographie en noir et blanc prise dans son jardin joue sur la manipulation de l’image pour recréer cette luxuriance à travers des fragments, des déformations. On y découvre des détails différents à chaque regard.
Montagne de feu est composée d'un assemblage de vues de montage collectées dans le massif du Mont-Blanc. L'œuvre recourt à sept encres : quatre classiques immuables et trois thermochromiques qui deviennent transparentes à partir de certains seuils de températures, comme un indicateur formel du réchauffement climatique dont on peine, à court terme, à percevoir les conséquences.
Charles Fréger explore la relation entre l’individu et la communauté, à travers la question de l’apparence, en capturant notamment les mascarades. L’artothèque a acquis quatre œuvres d’une série de photographies qui s'articule autour de la diaspora africaine des Amériques. La série Cimarron témoigne de l’hybridation, de la transformation et de la réappropriation de l’héritage africain à travers les rituels, les fêtes et les carnavals. Elle en conserve également la mémoire, comme dernières traces culturelles.