Culture

Aboutissement d'années d'études et de travail pour restaurer et préserver le portail polychrome de la cathédrale, la galerie contemporaine imaginée par l'architecte japonais Kengo Kuma a été inaugurée jeudi 9 avril à Angers. Elle pose une nouvelle étape dans l'histoire de l'édifice, dont la construction s'est échelonnée sur plusieurs siècles.

L'inauguration, jeudi 9 avril, de la galerie de la cathédrale est un événement exceptionnel, au sens strict du terme : "De nos jours, on ne construit plus de morceaux de cathédrale", relève Stéphane Moreau, responsable travaux à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Et le terme de "morceau" ne doit rien au hasard : "Aucune cathédrale n'est homogène. Sur la façade de celle d'Angers cohabitent des éléments dont la construction s'échelonne sur 500 ans." En cela, l'ajout à l'édifice d'une galerie de style contemporain s'inscrit dans la continuité de son histoire, où chaque époque a amené son style.

L'œuvre imaginée par le cabinet de Kengo Kuma a cependant opté pour la sobriété : "Nous avons fait le choix d'une écriture la plus minimaliste possible pour ne pas concurrencer l'existant", indique Elise Fauquembergue, architecte associée. Un choix qui s'explique aussi par la vocation avant tout utilitaire de la construction, destinée à protéger le portail polychrome du 12e siècle, restauré en 2019. "Une ancienne galerie remplissait déjà cette fonction, mais elle a été détruite au début du 19e siècle, explique Stéphane Moreau. Nous n'avons que très peu de documents sur son aspect, il était donc impossible de la reconstruire à l'identique." D'où le choix d'ouvrir le projet à un concours international. Des personnalités qualifiées, des représentants du ministère de la Culture, le préfet de Maine-et-Loire, le maire et l'évêque d'Angers, faisaient partie du jury. 

Avec ses lignes à la fois sobres et contemporaines, ses arches et voussures qui rappellent celles de la façade de l'édifice, le projet de Kengo Kuma emporte l'adhésion. Sa réalisation, entièrement financée par l'Etat, représente un coût de 4,4 millions d'euros. Bénie par l'évêque d'Angers lors de la cérémonie inaugurale, elle intègre maintenant pleinement la cathédrale, ajoutant à sa fonction de protection celle de seuil, comme une transition entre le profane et le sacré.

Voir la cérémonie d'inauguration sur le site de France 3 Pays de la Loire, Ouvre une nouvelle fenêtre

"Angers est une ville à l'histoire très riche. Avec cette galerie nous avons souhaité créer une connexion avec son passé. Cela ne pouvait se faire qu'en s'inspirant des émotions suscitées par la cathédrale : la chaleur de sa matière, la douceur de sa lumière. Les enjeux étaient multiples et ont nécessité la mobilisation de nombreux partenaires institutionnels, d'entreprises locales et bien sûr des représentants de l'Eglise."
Kengo Kuma, architecte

"L'inauguration de la galerie est l'aboutissement de longues années d'études et de travail pour restaurer et préserver le chef-d'œuvre du portail. Elle permet à la cathédrale de s'enrichir d'un nouvel espace, qui s'inscrit dans la continuité des nombreuses évolutions de l'édifice. Outre sa fonction de protection, elle constitue aussi un seuil qui invite à s'approcher, à entrer. Elle sera un lieu de vie liturgique ouvert sur le monde."
Monseigneur Delmas, évêque d'Angers

"Le premier constat qui acte la nécessité de reconstruire une galerie remonte à 1823. Deux siècles plus tard, cette demande est finalement satisfaite. C'est une illustration supplémentaire de la longue histoire de la cathédrale, dont les éléments les plus anciens remontent au 11e siècle et d'autres, parmi les plus visibles comme les flèches nord et sud ou les compagnons de Saint-Maurice, datent du 16e. Chaque époque a amené ses choix propres. Dans ce contexte, la création de Kengo Kuma a la politesse de ne pas s'imposer, en s'inscrivant la continuité des lignes de l'édifice."
Christophe Béchu, maire d'Angers

"La galerie de la cathédrale devient un symbole de la volonté patrimoniale de l'Etat, non seulement de conserver mais aussi de faire vivre ses chefs-d'œuvre. C'est la responsabilité de chaque génération. Sa réalisation est exemplaire dans sa capacité à articuler différents enjeux : assurer la préservation du portail, préserver le patrimoine archéologique du sous-sol, mais aussi s'inscrire dans le présent sans effacer ce qui l'a précédé."
Catherine Pégard, ministre de la Culture

Des visites guidées gratuites de la galerie sont proposées vendredi 10 avril de 14h30 à 18h30 et dimanche 12 avril de 14h30 à 17h30, et d'autres sur inscription, Ouvre une nouvelle fenêtre samedi 11 avril de 11h à 18h.