Le musée des Beaux-Arts d’Angers est, depuis sa création en 1799, riche d’une importante collection de peintures anciennes où se signalent particulièrement les artistes français du XVIIIe siècle. Cette singularité est due à un amateur angevin, remarquablement exigeant et averti, Pierre-Louis Éveillard de Livois (1736-1790). Ce fils de notables sut, à partir des années 1770 et jusqu’à sa mort, au début de la Révolution, établir des connexions étroites avec les grands marchands et les grands artistes de son temps, actifs à Paris, alors foyer éminent en Europe du marché de l’art et de la création artistique. Fréquentant les boutiques, les salles des ventes et les grandes collections d’œuvre d’art de la capitale, Livois se fit construire un remarquable hôtel particulier à Angers, écrin magnifique pour sa collection de tableaux et espace où il pouvait lui-même s’adonner à sa passion pour la peinture, sa «belle maîtresse». Le musée d’Angers lui doit certains de ses chefs d’œuvre de Watteau, Chardin, Greuze et Fragonard mais aussi de Jordaens, Teniers ou Ciro Ferri. En partie dispersés à la Révolution, certains fleurons de la collection sont désormais présentés parmi les collections du musée du Louvre à Paris, de l’Ermitage à Saint Pétersbourg ou de la Wallace Collection à Londres.
Guillaume Faroult est conservateur général en charge des collections de peintures françaises du XVIIIe siècle et des peintures britanniques et américaines au musée du Louvre. Il a organisé de nombreuses expositions en France et à l’étranger: «Turner et ses peintres» (Londres, Paris, Madrid, 2010), «Fragonard amoureux» (Paris, 2015), «Hubert Robert. Un peintre visionnaire» (Paris et Washington, 2016), «Revoir Watteau. Pierrot dit le Gilles (Paris, 2024). Il est l’auteur de «L’Amour peintre. L’imagerie érotique en France au XVIIIe siècle», Paris, Cohen & Cohen, 2020.
Intervenant : Guillaume Faroult, conservateur au Département des peintures du musée du Louvre.