La mairie

Le maire d’Angers Christophe Béchu a détaillé les grands chantiers qui rythmeront le mandat lors d’une visite de terrain, jeudi 27 août. Parmi eux : le site Thomson, les chapelles Saint-Jean et Saint-Samson, la bibliothèque Toussaint, la place de l’Académie…

Comme chaque année, à la rentrée, le maire d’Angers organise une tournée des grands chantiers. Ce jeudi 27 août, les projets visités ont un point commun : ils participent à l’adaptation de la ville au changement climatique. La bibliothèque Toussaint s’offre une rénovation qui mêle amélioration du confort thermique du bâtiment et gain énergétique grâce, notamment, à la pause de panneaux solaires sur son toit. La place de l’Académie sera en grande partie végétalisée. La chaufferie biomasse Mayenne 2, qui produit une énergie plus propre et moins chère, poursuit son développement avec l’objectif de desservir toujours plus de foyers angevins. Enfin, le devenir du site Thomson se précise avec une concertation publique lancée à l’automne et l’objectif d’inscrire la désartificialisation des sols et la végétalisation au cœur de la rénovation. 

Sur le plan de la préservation du patrimoine, deux restaurations se distinguent : celle de la chapelle Saint-Samson, au jardin des Plantes, qui devrait accueillir un glacier dans les années à venir et celle de la chapelle Saint Jean, sur le point d'être achevée. L'ouverture au public de cette dernière est prévue courant 2027. 

La chapelle Saint-Samson, au jardin des Plantes

Située en plein cœur du jardin des Plantes, la chapelle Saint-Samson était en réalité une église érigée en l’an 1006. Elle est saisie à la Révolution et devient alors bien national. Elle est ensuite transformée en orangerie au XIXe siècle. Aujourd’hui, elle sert de bâtiment de travail aux agents de la direction Parcs, Jardins et Paysages de la Ville. Demain, elle pourrait accueillir un glacier ou toute offre de restauration compatible avec le caractère patrimonial du monument. Les travaux de restauration seront lancés dans le courant du mandat pour un coût estimé à 3 M€. 

Bibliothèque Toussaint, travaux en cours

Démarrés à l’été 2025, les travaux de rénovation et d’extension de la bibliothèque Toussaint se poursuivent. Objectifs : proposer de nouveaux espaces et de nouveaux services tout en améliorant le confort des usagers et les performances énergétiques des bâtiments qui la composent. 

Parmi les nouveautés les plus visibles aujourd’hui, la construction d’une nouvelle aile de près de 1 600 m², à la droite du fameux cube de verre de l’architecte Philippe Mornet. Le 9 septembre, la dalle du rez-de-chaussée sera coulée, recouvrant ainsi les deux niveaux de sous-sols créés pour abriter les quelque 15 km de collections que compte la bibliothèque. Quant à la partie centrale, elle est encore vide de tout mobilier et occupée par d’imposants échafaudages. Mais côté jardin et cloître les façades vitrées ont déjà été posées et la nouvelle ouverture, qui permettra au bâtiment d’être connecté au végétal, sera créée très prochainement. 

L’aile du 17e siècle est la partie la plus avancée du chantier. À terme, elle accueillera les collections patrimoniales dans une galerie des trésors et, à l’étage, une salle de consultation et des bureaux accessibles par un escalier classé monument historique, jusqu’alors interdit au public. La livraison de l’établissement ainsi réhabilité est prévue à la fin de l’année prochaine. Suivront le rapatriement et l’installation des ouvrages, les aménagements intérieurs, la pose du mobilier… pour une ouverture au public envisagée mi-2028.

Après Kennedy, Académie

L’heure n’est pas encore aux opérations les plus spectaculaires mais les travaux de la place de l’Académie ont démarré en juin par le renouvellement des réseaux des eaux usées et d’eau potable. Suivra d’ici à la fin de cette année le chantier qui vise à transformer en profondeur le site et ses abords, dans le prolongement de ce qui a été réalisé promenade du Bout-du-Monde et place Kennedy. 

Parmi les aménagements imaginés : 2 700 m² de surfaces végétalisées, des vergers de graminées et de fruitiers, la plantation de 70 arbres, des placettes piétonnes devant les commerces, une valorisation des parvis de l’église Saint-Laud et de la caserne des pompiers, un square devant l’école de la Blancheraie. Sans oublier la création d’itinéraires cyclables dédiés et sécurisés, la reprise de la voirie et de l’éclairage.

Les trésors de la chapelle Saint-Jean

C’est une découverte extraordinaire. La restauration de la chapelle Saint-Jean, située dans le cloître adossé au musée Jean-Lurçat, a permis de révéler des fresques inédites. Ces trésors nationaux sont depuis examinés par des historiens, des chercheurs et des laboratoires. L’une des peintures, datée du 13e siècle, représente un Christ aux yeux bleus et aux lèvres rouges. Elle est recouverte par une fresque du 17e siècle aux couleurs vives, sur laquelle un ange tient un dais rouge. 

Au-dessus, des peintures murales du 15e siècle représentent d’un côté le couronnement de la Vierge, de l’autre Dieu le père sur un croissant de lune. Cette dernière scène, très rare, interroge profondément les historiens. Ces fresques pourront être admirées en très petites jauges lors des prochaines Journées du patrimoine où six circuits de visites seront organisés malgré la présence des échafaudages. La chapelle ouvrira officiellement au public dans le courant de l’année 2027. Le coût de sa rénovation s’élève à 1,5 M€ HT. 

Mayenne 2 : le réseau de chaleur urbain s’étend

Elle est entrée en service au printemps, à deux pas de sa grande sœur construite en 2009 sur le plateau de la Mayenne, dans les Hauts-de-Saint-Aubin. La chaufferie Mayenne 2 fonctionne à 80 % au bois (biomasse), le recours au gaz étant prévu uniquement en secours ou en cas de surplus de consommation l’hiver. L’équipement vient non seulement compléter le réseau de chaleur du quartier mais va également permettre de se connecter à celui de Belle-Beille, via le quartier Doutre, Saint-Jacques, Nazareth. 

D’ici à 2030, l’aménagement raccordera en chauffage et eau chaude sanitaire 13 000 foyers, sur la rive droite de la Maine. Et cela grâce à une solution plus écologique et plus économique. Plus écologique car le recours au bois remplace les énergies fossiles et diminue considérablement l’empreinte carbone du chauffage urbain en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. D’autant que le bois brûlé est issu de résidus d’exploitation bocagère et forestière acheminés dans un rayon de 50 km en moyenne. Plus économique également car le coût de la biomasse est maîtrisé et n’est pas soumis aux fortes fluctuations des prix du gaz observées ces dernières années. Une stabilité qui se retrouve sur les factures des particuliers et des équipements raccordés.

La "dalle" Allonneau n’est plus

C’est un vaste chantier de démolition, le dernier du genre dans le cadre du programme de renouvellement urbain du quartier Monplaisir, qu’a mené cet été le bailleur Angers Loire habitat et qui touche à sa fin. Il concernait 142 logements situés boulevards Auguste-Allonneau (numéros 4 à 30) et du Maréchal-Gallieni (numéros 40 et 42). Une fois le terrain libéré, remblayé et remis à niveau, il sera prêt à accueillir dans les années qui viennent des espaces végétalisés et une nouvelle offre de logements.

Le devenir du site Thomson

Site industriel emblématique de la ville pendant des décennies, Thomson a définitivement fermé ses portes en 2012. Acquis par l’aménageur du territoire Alter en 2023, le site de 13,6 ha a depuis été soumis à plusieurs études techniques. Celles-ci ont permis de déterminer les zones de pollution engendrées par l’activité de l’ancien fabricant de produits électroniques. Ces secteurs pollués sont contenus sur un demi-hectare à l’intérieur de l’usine et ont été précisément cartographiés.

Place désormais à la rénovation. Elle concernera le site en lui-même mais aussi ses abords, soit 30 ha amenés à être repensés. La zone a vocation à accueillir un nouveau quartier où seront proposés logements, équipements, activités et espaces paysagers. Une concertation publique sera organisée avant la fin de l’année pour impliquer les habitants, Angevins et Bartholoméens.