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Laissez-vous conter le trésor de la cathédrale

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Photo de l'exposition du trésor de la cathédrale.
(Photo: Frédéric Chobard/Ville d'Angers)

Le trésor de la cathédrale, dont l’État est propriétaire depuis la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, rassemble l’ensemble des objets servant pour le culte et son ornement. La plupart de ces objets sont encore affectés au culte.

La salle du trésor de la cathédrale Saint-Maurice d’Angers est localisée dans la chapelle Sainte-Anne, construite entre 1467 et 1470. Elle accueille le trésor depuis 1960.

Le premier inventaire connu date de 1255. Le trésor s’est fortement enrichi grâce au roi René (1409-1480) qui lègue, entre autres, la célèbre tenture de l’Apocalypse réalisée pour Louis Ier d’Anjou (1339-1384), son grand-père.

Au cours de l’histoire, le trésor s’amenuise, particulièrement aux XVIIe et XVIIIe siècles lorsque certaines pièces sont vendues pour participer à l’effort de guerre, pour payer le nouvel aménagement du choeur, puis lors de la Révolution française. Il faut attendre le XIXe siècle pour qu’il soit reconstitué à partir de dons, d’achats ou de fouilles archéologiques.

Le trésor de la cathédrale d’Angers compte environ trois mille objets et tapisseries. Une centaine, parmi les plus précieux, est présentée dans la chapelle Sainte-Anne. Cette notice a pour objectif d’attirer l’attention du visiteur sur certaines pièces particulièrement marquantes.

La vitrine des couronnes de Guarrazar d'Eugène Viollet-le-Duc

Photo de la vitrine des couronnes de Guarrazar
(Photo: Frédéric Chobard/Ville d'Angers)

Cette vitrine est commandée par Edmond du Sommerard, conservateur du musée de Cluny en 1859. Elle est alors destinée à exposer, au musée de Cluny, huit couronnes wisigothes provenant du site de Guarrazzar en Espagne. Viollet-le-Duc conçoit un meuble en métal que les six volets en fer forgé transforment en coffre-fort une fois fermés. Au revers de ces panneaux de métal, il fait réaliser un délicat décor inspiré des ferronneries. Celui-ci, peint par Alexandre-Dominique Denuelle dans un camaïeu de jaune, orangé-brun à brun-foncé, est composé d’entrelacs réalisés à l’huile.

Dais d'exposition

Photo du dais d'exposition.
(Photo: Frédéric Chobard/Ville d'Angers)

Sur une base de plan ovale, un baldaquin est composé de six colonnes cannelées supportant un dais décoré entre autres, d’étoiles, de rosettes et de palmettes. Imposant (plus de deux mètres de hauteur) il était placé sous le baldaquin du maître-autel. L’orfèvre parisien Jean-Ange Loque l’a fabriqué entre 1798 et 1809 avec des plaques d’argent et de cuivre repoussé sur âme de bois.

Le vase de Cana

Photo du vase de Cana.
(Photo: Frédéric Chobard/Ville d'Angers)

Ce vase en porphyre, pierre très rare d’origine égyptienne ou romaine, est offert par le roi René à la cathédrale d’Angers après avoir été acheté en 1449 au couvent de Sainte-Paule de Marseille. Dans la Bible, un épisode relate que le vase a servi le jour des noces de Cana, lorsque le Christ a transformé l’eau en vin. Mais les spécialistes le rattachent plutôt à la seconde moitié du Ie siècle ap. J.-C.

Déposition, par Jean Boucher, 1621

La déposition désigne la descente de croix du Christ après sa Crucifixion. Elle est un thème fréquent dans les tableaux religieux. Ce tableau a été peint par Jean Boucher en 1621, qui après avoir fait son apprentissage à Rome, a été maître du peintre français Pierre Mignard (1612-1695).

Baignoire antique

La baignoire date de l’époque romaine. Elle est réemployée à l’époque chrétienne, à une date inconnue comme fond baptismal lors des baptêmes par immersion puis offerte par le roi René à la cathédrale d’Angers.

Le retable de Beaussant

Photo du retable de Beaussant
(Photo: Frédéric Chobard/Ville d'Angers)

Le 13 octobre 2003, le général Beaussant fait don au trésor de la cathédrale d’Angers d’un retable qui se trouvait, au moins depuis 1878, dans une petite chapelle attenante au prieuré de Villemoisan, dans le Maine-et-Loire. Cette donation impose la présentation au public dans le trésor de la cathédrale d’Angers.

L’oeuvre est un panneau en chêne en forme de T inversé de 1,5 mètre de hauteur sur 2,42 mètres de large. Sa restauration a permis de découvrir une oeuvre plus ancienne, sous une représentation de l’Assomption de la Vierge daté du XVIIe siècle: une Crucifixion du XVe siècle. La dendrochronologie* a confirmé la datation avec précision, entre 1468 et 1498, et en a déterminé la provenance, le Val de Loire.

L’auteur est inconnu, de même que son origine, mais il semble que nous soyons en présence d’un peintre français qui a su intégrer le réalisme flamand. Il est également identifié comme enlumineur de manuscrits pour le roi René. Le commanditaire, peut-être un moine cistercien, est représenté sur la droite près de saint Bernard.

* La dendrochronologie est la science qui permet d’obtenir la datation du bois en analysant les cernes de croissance des arbres.

Le retour d'un vitrail à la cathédrale d'Angers

Le vitrail se compose d’une figure de saint qui n’a pu être identifié. Drapé dans un vêtement rouge, ce personnage a un visage très expressif dont les traits ont été soulignés par l’emploi de peinture au trait et par des rehauts de lavis. Placé sur un fond bleu, il est entouré d’éléments ornementaux qui sont pour la plupart des pièces de remploi provenant d’autres panneaux.
L’étude stylistique a permis de dater ce vitrail des années 1230-1235. Les dimensions de la verrière, identiques à celle de la cathédrale, le style du personnage ainsi que la composition des verres rapprochent ce vitrail d’autres panneaux du choeur, dont il fut détaché à une date inconnue.

Toutes ces raisons ont conduit l’État à s’en porter acquéreur lorsqu’il réapparut il y a quelques années sur le marché de l’art. Une restauration été conduite afin de permettre son retour et son exposition à la cathédrale.

Les reliquaires

Les reliquaires sont des réceptacles destinés à conserver ou à exposer des reliques, restes matériels d’une personne vénérée: ce sont soit des parties de son corps, soit des objets sanctifiés par son contact.

Urne du coeur de Marguerite d'Anjou - Sicile, 1299

Photo du reliquaire de Marguerite d'Anjou.
(Photo: Bruno Rousseau/Département de Maine-et-Loire)

En 1902, l’archéologue Louis de Farcy découvre le reliquaire du coeur de Marguerite d’Anjou, fille de Charles II d’Anjou et de Marie de Hongrie, dans le choeur de la cathédrale d’Angers, emmuré dans un coffret en ivoire. La partition des organes royaux a, en effet, longtemps été pratiquée au Moyen Âge, pour que le corps des souverains défunts puisse être déposé dans différents lieux de leur royaume.

Classé Monument historique, ce reliquaire de 1299 est en argent doré émaillé. Le coeur, bien conservé par son embaumement, a été par la suite inhumé à son emplacement initial.

Deux reliquaires en forme de bébés emmaillotés

Photo des deux reliquaires en forme de bébé.
(Photo: Frédéric Chobard/Ville d'Angers)

Les sages-femmes confiaient ces curieux objets aux femmes enceintes pour les protéger lors de leur accouchement. Après les naissances, ils étaient offerts en ex-voto* au saint qui leur avait ainsi offert sa protection. Ces deux reliquaires en laiton datent du XVIIe siècle.

* Ex-voto: offrande faite à un dieu en demande d’une grâce ou en remerciement d’une faveur obtenue.

Croix reliquaire de la sainte Épine

Parmi les reliques vénérées dans la Chrétienté, les plus importantes sont celle de la couronne d’épines du Christ et celle de la Vraie Croix sur laquelle le Christ a été crucifié. Elle aurait été découverte par sainte Hélène, mère de l’empereur romain Constantin après des recherches sur le mont Golgotha en 326 après J.-C.
Les reliques de la couronne d’épines et de la Vraie Croix sont conservées durant une grande partie du Moyen Âge par l’empereur byzantin à Constantinople jusqu’à ce que le roi de France Saint Louis les rachète entre 1238 et 1242 avec d’autres reliques majeures. Pour les présenter de manière majestueuse, le roi de France fait construire la Sainte-Chapelle, à Paris, au coeur du palais royal. Cependant, il existe un nombre important en Europe de fragments de ces reliques, d’origines diverses, ce qui explique leur présence à Angers.

La croix reliquaire de la sainte Épine, datée du XVe siècle, est en cristal de roche. Elle a été donnée par le roi René à l’abbaye du Ronceray avant d’être enchâssée au XVIIe siècle dans une monture due à l’orfèvre parisien Pierre Marois.

Les objets appartenant à l'évêque

Parmi les objets appartenant à l’évêque, figurent la crosse qui symbolise le bâton pastoral du berger, et l’anneau épiscopal, bague qu’il porte comme insigne de sa dignité.

Crosse d'Ulger, évêque d'Angers (1125-1148)

Photo d'un ensemble de crosses.
(Photo: Frédéric Chobard/Ville d'Angers)

Ulger est l’évêque fondateur du palais épiscopal qui fait construire la nef de la cathédrale au XIIe siècle. Sa crosse est découverte avec d’autres objets dans sa tombe située dans la nef lors des fouilles réalisées par l’archéologue Louis de Farcyen 1896. Elle est constituée d’ivoire de morse pour le crosseron*, de cuivre doré et de bois.

* Crosseron: partie supérieure de la crosse en forme de spirale.

Crosse de monseigneur Freppel, évêque d'Angers (1870-1891)

Photo de la crosse de monseigneur Freppel.
(Photo: Frédéric Chobard/Ville d'Angers)

La crosse de Monseigneur Freppel en argent doré, corail, perle, émail, est dessinée par le célèbre architecte Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle et réalisée par l’orfèvre Placide Poussielgue-Rusand. L’architecte prône un retour au Moyen Âge, en particulier en puisant son inspiration dans l’émail limousin du XIIe siècle, époque considérée comme une référence spirituelle s’inscrivant dans le style néo-gothique. Le crosseron représente saint Michel combattant le dragon. La hampe (le bâton),  démontable, est placée à côté dans un coffret.

Monseigneur Freppel est l’évêque le plus populaire et le plus influent du XIXe siècle. Il est le fondateur de l’Université catholique de l’Ouest (UCO) à Angers. Sur sa crosse figure un écusson avec le dessin d’une abeille, son emblème: "L’abeille dépose son miel à loisirs et pique avec regrets."

Objets liturgiques consacrés à la messe

Au début du XIXe siècle, après la période révolutionnaire et les destructions qui l’ont accompagnée, peu de pièces d’orfèvrerie subsistent pour les cérémonies à la cathédrale. Plusieurs éminentes personnalités, dont Monseigneur Freppel, oeuvrent pour favoriser la création artistique. La première moitié du XIXe siècle voit renaître progressivement un enrichissement des objets liturgiques. Les principaux maîtres orfèvres sont à Paris et à Lyon. Un grand nombre d’oeuvres sont fabriquées grâce aux souscriptions des fidèles.

Plusieurs d’entre eux, créés par de grands orfèvres du XIXe siècle, sont présentés dans la seconde vitrine parmi lesquels: des calices, vases sacrés qui contiennent le vin consacré pendant la messe; des patènes, petits plats servant à poser les hosties avant et après consécration; des ciboires, vases contenant les hosties. Les catholiques croient en la présence réelle du Christ dans l’hostie et le vin.

Croix de procession, 1615

À Angers, la procession la plus importante est celle du Grand Sacre qui dure du XIIe siècle à 1967. Le cortège se déroule durant quatre heures de la cathédrale au quartier de la Doutre, outre Maine. La procession se termine alors au tertre Saint-Laurent.

Cette croix présente dans la première vitrine est en argent sur âme de bois. Elle présente le tétramorphe, c’est à dire les symboles des quatre évangélistes: l’Homme pour Matthieu, le lion ailé pour Marc, le taureau pour Luc et l’aigle pour Jean.

Ostensoir

Photo de l'ostensoir.
(Photo: Frédéric Chobard/Ville d'Angers)

L’ostensoir en argent doré a été conçu par Jean-Ange-Joseph Loque, orfèvre parisien en 1808. Il est utilisé pour l’exposition du Saint Sacrement (hostie consacrée). Cet ostensoir est constitué d’une partie vitrée, entourée de rayons qui lui donnent l’apparence d’un soleil, montée sur un pied décoré d’anges. Il se démonte facilement au centre pour que le prêtre puisse saisir la partie supérieure et bénir la foule avec le Saint Sacrement.

Clémentine Mathurin, conservatrice des Monuments historiques, DRAC
Émeric Chartrain, assistant documentaire, Ville d’Angers

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