Jardin du Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie contemporaine

Historique

Le Moyen-âge est la période comprise entre la chute de l'Empire Romain d'Occident et la Renaissance, ce qui correspond à 10 siècles. Pendant ce millénaire, la vie et les coutumes ont évolué.

Différentes périodes se distinguent dont le haut Moyen-âge, époque des invasions barbares. Clovis choisit la fleur du "Lis des Marais" (= l'iris) comme symbole de la puissance royale.

C'est à ce moment que le jardinage fait partie de la vie des moines.

Charlemagne fit établir une liste de plantes "utiles" qui devaient être utilisées et cultivées dans tous les domaines de son empire.

Ce capitulaire "De villis vel curtis impériabilus" est le document le plus ancien (daté de 795) qui nous renseigne remarquablement sur les connaissances botaniques de cette époque.

Architecture et composition
Initialement, le jardin fait partie de la vie spirituelle du monastère. Il est ordonnancé, propice à la méditation, tout en évoquant le paradis terrestre. Les jardins sont clos d'une palissade de branches tressées, de saule, de treillis de vigne, de jasmin ou de rosier qui protégeait des animaux sauvages et domestiques mais aussi des dégradations.

Symbolisme dans les jardins
Dans un cloître, souvent carré, le jardin est divisé en parterres réguliers formant une croix. Il devient alors un lieu de salut pour le corps et l'esprit. Il est la représentation du jardin de l'Eden, le paradis perdu. L'eau étant synonyme de pureté, une fontaine est généralement présente au centre des carrés.

Les jardins du Musée Jean-Lurçat

L’ancien hôpital Saint-Jean abrite actuellement le musée Jean Lurçat.

Fondé en 1180 à l’instigation d’Henri II Plantagenêt et de son sénéchal, il est dédié à Saint-Jean l’évangéliste. L’édification de cet hôpital dans la Doutre reflète l’expansion de la ville au-delà de ses enceintes originelles.

La proximité de la Maine a été déterminante dans son implantation. Au Moyen-âge, l’hôpital ne présentait pas de jardin à cet emplacement et s’étendait jusqu’au bord de l’eau.

C’était une cour entourée de bâtiments longeant le boulevard Arago, ancien bras de la Maine comblé en 1878 afin d’aménager ce jardin et la place La Rochefoucauld voisine.

C’est donc pour rappeler cette époque qu’un jardin de style médiéval “hortus conclusus” (jardin clos) a été réalisé en ce lieu. Il s’agit d’un jardin utilitaire par opposition à l’hortus delicarium (jardin des délices réservé aux nobles).

Conception

En 2007, la ville décide d'élargir l'offre de type de jardins à Angers et souhaite créer un lien entre le bâtiment historique et son environnement végétal, personnaliser l'esprit du lieu et le mettre en valeur à destination des usagers.

Les trois petits jardins ont été conçus par la Direction Parcs Jardins et Paysages. Il a fallut redonner un sens à cet espace. Les services généraux de la Direction Parcs, Jardins et Paysages construisent alors des murets en ardoise (maçons) dessinent au sol des marches en schiste amenant le visiteur à découvrir l'intérieur des carrés. Les jardiniers du secteur s'occupent de la plantation des carrés et de l'entretien du jardin.

Afin d’offrir une autre approche botanique les plantes sont étiquettées pour des parfums et des couleurs en toutes saisons.

Ce jardin médiéval organisé en “carrés” entourés par des plessis (palissade de branchages de saule et de châtaignier) est composé :

 du jardin vivrier ou hortus (potager) servant à l’alimentation

Appelé également potager ou hortus, c’est le lieu où l’on cultive les herbes et les racines, c’est à dire les plantes dont on mange soit la partie aérienne, soit la partie souterraine.

Les plantes du potager étaient agencées selon leur usage alimentaire et se divisait alors en “potherbes” “racines”, “légumes”, “aromates et condiments” et “cucurbitacées”. Rappelons qu’il s’agit d’un potager d’avant la connaissance de l’Amérique et donc sont absents Tomates, Poivrons, Piments, Pomme de terre, Haricots tels qu’on les trouve aujourd’hui.

Les protherbes sont alors consommées cuites dans un pot. C’est donc dans ce bouillon d’herbes que le “vilain” trempait ses tranches de pain.

Le caputilaire De villis (vers 795) en mentionne neuf : Laitue, Roquette, Cresson, Chicorée, Moutarde, Nette ou Betterave, Blette, Choux.

 du jardin bouquetier regroupant les plantes servant à la confection des bouquets 

Le jardin de Marie permettait de cultiver les plantes utilisées pour la confection des bouquets ornant les autels et les chapelles, ou à parer le jardin du presbytère. La cueillette était rythmée par les fêtes liturgiques.

Mais les espèces strictement ornementales sont peu nombreuses à l’époque du haut Moyen-âge. En fait, beaucoup de plantes à fleurs sont alors avant tout médicinales : la Rose peut servir à “purger”, l’Iris atténue les douleurs de la vessie, le Lis est résolutif et la Pivoine est le grand remède médiéval de l’épilepsie!

Certaines fleurs sont citées dans le capitulaire De villis mais elles y sont peu nombreuses.

 du jardin médicinal ou herbularius ou jardin de simples, du nom des plantes médicinales utilisées pour soigner les malades

Appelé également herbularius ou jardin de simples, le jardin médicinal était souvent situé à proximité de l’infirmerie.

Ce terme de “simple” désigne les remèdes obtenus avec une plante unique, par opposition aux préparations composées dites “magistrales” des apothicaires.

Les abbayes s’échangeaient les plantes poussant dans des climats spécifiques telles que les plantes alpines.

Beaucoup de végétaux étaient ainsi cueillis dans la nature.

Ce jardin était composé de «carrés» où les plantes étaient agencées selon leur usage médical : pour les fièvres et les refroidissement, les maux de ventre, les purges, les herbes expectorantes, les vulnéraires, et les plantes de femmes.