Parc de Pignerolle

HISTORIQUE

La première mention de Pignerolle remonte en 1509. La seigneurie appartient alors à Louis Mignon. Différents propriétaires se succèdent ensuite jusqu'en 1680, date à laquelle François Avril, écuyer et fondateur de la célèbre Académie d'Équitation d'Angers, se porte acquéreur du domaine. Le château actuel est édifié en 1776.

Commandité par Marcel Avril de Pignerolle et inspiré du Petit-Trianon, il est élégamment conçu par l'architecte Bardoul de la Bigotière. Celui-ci dessine également le plan général d'un ambitieux projet de jardins comportant de vastes parterres ornementés au sein d'un parc boisé.

Au final, seul un nouveau jardin composé en croix prend place au Sud du château. L'ensemble apparaît cerné de douves en eau. En 1793 Marcel Avril est arrêté et son château occupé par les révolutionnaires. En 1810, le cadastre montre un domaine structuré sur un plan régulier. Le vieux jardin se trouve dans l'axe du château vers l'Est, tandis que le nouveau jardin est occupé en prairies.

Les descendants vendent la propriété en 1829 à Pierre-Antoine Blancler, négociant à Angers. Ce dernier fait construire les pavillons d'entrée hexagonaux ainsi qu'une orangerie vers 1831. Il semblerait qu'il ait également fait appel à André Leroy pour redessiner son parc à l'anglaise (2 plans), sans pour autant faire réaliser son projet, à l'exception de quelques allées et des lisières de la percée ouest.

Il choisit de préserver un élégant jardin clos de murs se terminant en demi-lunes (dont l'une avec niche) qui avait pris place au Sud Est après 1810. Après la mort de Blancler différents propriétaires se succèdent jusqu'à 1905, date à laquelle Joseph Couderc de St-Chamant prend possession des lieux. A cette période, le parc du château est largement ouvert aux habitants de la commune.

En 1939, le château abrite le Président de la République de Pologne, réfugié à Angers; avant d'être occupé par les Allemands qui y construisent de vastes blockhaus. Les troupes américaines intègrent les lieux en 1944.

Après la guerre, la propriété devient un refuge pour de nombreux déportés et sinistrés.

En 1961, le château, dévasté, est classé monument historique et vendu à l'armée en 1964 par la famille de Saint-Chamant.

En 1971, le District d'Angers rachète le château et la partie classée du parc afin d'entreprendre leur restauration et de les ouvrir au public. Le musée de la communication, abritant la collection de l'industriel vendéen Guy Biraud, est inauguré en 1992.

Aujourd'hui, dans un département où dominent les parcs paysagers du XIXe siècle, le parc de Pignerolle (70 ha) est une des rares compositions régulières à grande échelle avec Montgeoffroy et Lathan. Son aspect patrimonial - peut-être parfois oublié par les promeneurs d'aujourd'hui au profit d'une utilisation de détente - mérite grandement d'être souligné. Chargé d'histoire ce vaste havre de verdure, à proximité d'Angers, ouvert à tous et soigneusement entretenu, est d'un rare intérêt.

 

LE DOMAINE DE PIGNEROLLE

Le domaine est divisé en deux espaces principaux. Le château et ses jardins à la française forment un premier ensemble, délimité par d'anciennes douves. Celui-ci s'inscrit dans un parc boisé et des prairies de plusieurs hectares faisant office d'écrin.

Deux entrées desservent actuellement le parc et le château. L'entrée d'honneur, figurant déjà sur le plan de 1776, mène à la longue allée d'arrivée axiale. Bordée d'alignements de chênes, elle ouvre une perspective majestueuse sur le château.

Des allées secondaires, au tracé plus aléatoire, permettent l'exploration des bois par les promeneurs. L'accès à la cour d'honneur du château est marqué par des douves et une grille d'honneur. On pénètre alors dans la partie des jardins réguliers, composée à l'Ouest de boulingrins ornés de topiaires de buis en cônes.

A l'Est de la demeure, dans l'axe, se trouve un nouveau boulingrin, précédé de 2 sphinx portant des angelots. Sur le tapis vert, deux alignements de boules de buis monumentales dessinent une perspective vers le fond du domaine.

De part et d'autre des façades latérales du château s'exhibent deux autres jardins, composés de géométrie de buis. Au Sud-est de la propriété, un grand clos potager aux murs terminés en demi-lunes attend discrètement sa restauration tandis qu'au Nord, se dresse une superbe orangerie, masquant en partie le plus important des blockhaus construits par les Allemands.

Au Sud du château, musée actuel de la communication, se trouvent un ensemble d'anciennes dépendances où l'on peut admirer une ancienne tour ainsi qu'une locomotive dans une sorte de ravissant jardin d'hiver.

L'ouverture d'un deuxième accès et d'un parking au Sud du domaine en accompagnement du Musée de la Communication ont généré l'aménagement d'une butte, d'où l'on peut surplomber une partie du site.

Sur le cadastre de 1810, le château était entouré de douves et il semblerait que le domaine ait été traversé par une rivière. Aujourd'hui seule la douve située à l'ouest est préservée. Les autres ont plus apparence de petits fossés à sec et sont aisément franchissables. Une ancienne piscine constitue une réserve à incendie.

Au niveau des végétaux, une allée d'arrivée composée d'alignements de Chênes rouges d'Amérique, Quercus rubra. Des boisements variés à base de chênes pédonculés et de châtaigniers communs. Des topiaires d'ifs et de buis près du château. Massifs de vivaces près des douves.