Le parc du Lac de Maine

Le parc du Lac de Maine

Situé à seulement  cinq minutes en voiture du centre d’Angers, le parc de loisirs du Lac de Maine vous accueille sur 220 ha et se structure en plusieurs unités paysagères, le lac de 110 ha étant l’élèment incontournable du parc.

Les parties nord et ouest du parc sont constituées en majorité de plantations paysagères, à l’est le chemin de halage longe la Maine.

Le parc est géré par deux services municipaux :

  •  la Direction des Sports et Loisirs gestionnaire du site (accueil du public, activités sportives et de loisirs)
  •  la Direction Parcs, Jardins et Paysages assure l’entretien du parc (taille, tonte, ramassage des feuilles, restauration des sous bois en mulching, entretien du mobilier et des jeux etc...)

 Historique

Autrefois, la plus grande partie de la zone de loisirs actuelle était constituée par les prairies d’Aloyau et une infime partie appartenait au canton des Fouassières qui était jusqu’au 14 ème siècle un terrain inculte exploité par l’Abbaye Saint Nicolas.

Du 16ème au 17ème siècle cet endroit inondé chaque hiver était le théâtre de revues des milices bourgeoises puis au19ème siècle il devint un champ de course.

Dans les années 50, l’ensemble des prairies naturellement inexploitables pendant la saison des crues formait 150 ha et se partageait en pâturage pour les bovins et la fenaison. La zone comptait des dizaines de fermes dont la plus importante était la Corne de Cerf.

Dans les années 60, des sondages sont réalisés dans les prairies et l’on découvre une couche de grave sur les deux tiers de la surface. En 1964 la Ville se porte acquéreur des prairies d’Aloyau et une étude est lancée pour lancer une exploitation de gravière sur la zone pour en faire un complexe agréable.

Les première tranches de travaux du futur parc du Lac  de Maine démarrent en août 1969, l’exploitation en 1970 et les premières activités nautiques en 1973. La gravière arrête son activité dix ans après son lancement.

 Biodiversité

La préservation du milieu naturel est prise en compte dans l’entretien du parc, classé zone naturelle d’intéret écologique faunistique et floristique (ZNIEFF)

La partie nord du parc est entretenue régulièrement, les grands espaces bordés de végétation sont propices aux loisirs, le paysage du contour du lac offre une végétation moins domestiquée plus naturelle permettant l’observation des oiseaux.

La diversité de cette végétation offre donc une multitudes d’habitats pour la faune : un refuge contre l’hiver et les chasseurs, une halte migratoire et un lieu de nidification.

Chantier école au parc du Lac de Maine

La saulaie du parc de Loisirs du Lac de Maine

Dans les années 1960-1970 marquées par une augmentation de l’urbanisation, de nombreuses carrières sont exploitées afin de répondre à la demande croissante en matières premières. Une fois l’exploitation terminée, ces carrières ont souvent été transformées en plans d’eau, lacs ou étangs.
Des bases de loisirs ou des sentiers sont généralement créées autours de ces espaces. Ces plans d’eau artificiels évoluent ensuite de manière naturelle vers un comblement progressif, jusqu'à leurs atterrissements

Ces milieux artificiels sont rapidement recolonisés par une végétation pionnière comme les saules et forment ensuite ce qu’on appelle les forêts pionnières à bois tendres. Près de 45 espèces ligneuses (arbres, arbustes et arbrisseaux) peuvent se retrouver dans ce type de forêt. Cette diversité peut s’expliquer par la variation des conditions du milieu et la structure complexe de l’habitat (lianes, arbres morts, arbres d’âges différents,…).

Le Parc de Loisirs du Lac de Maine à Angers, crée en 1978 sur une exploitation de grave, est un lac artificiel qui accueille aujourd’hui une biodiversité remarquable (divers statuts de protection et réglementations, ZNIEFF, Natura2000…) sur un milieu très anthropisé.

Une Saulaie (Salix alba essentiellement) composée d’espèces pionnières (bois tendre) s’est formée sur ce lac et est devenue la plus grande héronnière du département. Cette saulaie diffère des forêts alluviales pionnières notamment par les conditions hydrologiques particulières du lac (milieu stagnant, pas de circulation de la masse d’eau,…). Depuis que le niveau d’eau du lac est maintenu haut pour la baignade et les activités nautiques, la saulaie présente des signes de dépérissement (fragmentation, diminution de 50% de sa surface, nombreux arbres morts,…).

La ville d’Angers, a mené en 2011, une étude visant à déterminer les mesures et les aménagements nécessaires au maintien de l’équilibre entre activités humaines et biodiversité sur le Parc de Loisirs du Lac de Maine. Cela a notamment permis de faire un état des lieux des activités humaines, des infrastructures et de la biodiversité sur le Parc et d’identifier les enjeux principaux pour une meilleure gestion des différents espaces.

Pour compléter l’étude de 2011, la ville d’Angers, a décidé de mener une étude sur la saulaie de ce lac. Cette étude a pour objectifs de caractériser l’évolution de la saulaie et de définir des facteurs responsables de cette évolution, notamment le niveau d’eau, dans une perspective de gestion conservatoire. Lors de cette étude différents relevés ont été effectués : relevé phytosociologique, dendrométriques, relevé régénération, profils topographiques.

La Saulaie, localisée dans la réserve ornithologique au Sud du lac, est aujourd’hui constituée de boisements humides. Lors de l’extraction de grave et de la création du Parc, dans les années 1970-1980, un boisement constitué d’une végétation pionnière, notamment de saule blanc (Salix alba) a pu s’installée.

La gestion des niveaux d’eau notamment pour la baignade naturelle ouverte en 1980, a pour conséquence de maintenir le niveau d’eau artificiellement haut à la côte 15,80 NGF afin de garantir un niveau d’eau suffisant pour la baignade en période estivale. Depuis que le niveau de l’eau est maintenu élevé, la saulaie s’est fragmentée et sa superficie a diminué d’environ 50% 

Les boisements humides constitués d’une végétation pionnière présentent des intérêts écologiques particuliers, que ce soit au niveau des espèces végétales et animales présentes ou au niveau des services rendus par ce type de milieu (épuration des eaux,…).

Aujourd’hui la saulaie est constituée de 4 boisements majoritairement des saules et des frênes et la régénération est assurée par les frênes.

La saulaie du lac de Maine constitue également un site de nidification pour de nombreuses espèces d’oiseaux, notamment pour les ardéidés dont certaines sont protégées : héron cendré (Ardea cinerea), aigrette garzette (Egretta garzetta),….
En effet, c’est la plus grande héronnière du département, sur un site fortement anthropisé et dont le rôle principal est d’être un Parc de Loisirs pour la population locale. A noter que d’autres espèces d’oiseaux comme par exemple, le cygne tuberculé (Cygnus olor) et le grèbe huppé (Podiceps cristatus), peuvent nicher dans ce boisement. Cette héronnière fait l’objet d’un suivi régulier depuis de nombreuses années par la Ligue de Protection des Oiseaux de l’Anjou (LPO Anjou)

Un chantier école en octobre 2015

Dans la poursuite de l’étude menée en 2011, la ville d’Angers en partenariat avec le CFPPA du Fresne réalise en octobre 2015 un chantier école de génie végétal dans le cadre de la formation “Technicien du génie écologique”. Objectif : augmenter la régénération du peuplement de saules blanc.

Une convention de 3 ans entre la ville et l’école, permet de définir et de proposer des chantiers pratiques aux adultes du CFPPA du Lycée du Fresne en formation professionnelle. Leur mission consiste de se charger de la mise en œuvre du chantier école : organisation du chantier, prise de contact sur site avec les acteurs concernés (Ville, associations), interface entre les services municipaux, le commanditaire, définition du matériel et matériaux, sécurisation du chantier, signalétique et accessibilité.

Le chantier consiste concrètement sur le parc de Loisirs du Lac de Maine, le long d’un transect, à réaliser une coupe d’éclaircie  sur une bande de 15 m de large depuis le bord du lac afin d’y planter des boutures de saules blanc

Objectif : augmenter la régénération du peuplement de saules blancs.

Plusieurs phases seront réalisées sur 4 jours par les étudiants :
- débroussaillage,
- abattage et arrachage d'érables négundo  (invasifs) et limiter la strate arbustive (cornouiller, frênes) afin d’ouvrir le milieu
- abattage sélectif : suppression des arbres dangereux et évacuation du bois mort, 
- régénération du milieu : prélèvement sur place et plantation de boutures de 40 cm de saules blanc, plantation des boutures selon le gradient d’humidité le long du transect choisi et plantation dans un 2ème transect qui deviendra témoin (sans coupe d’éclaircie) avec un suivi des boutures dès le printemps 2016.
Travaux du 19 au 22 octobre 2015