Jardins en pied d'immeuble

Les jardins de pieds d’immeubles

Les jardins de pieds d'immeubles connaissent sur Angers une belle dynamique, à l’image de celle observée sur le territoire national.

Depuis 2003, des terrains, situés en bas des immeubles de quartier d’habitat social, sont mis à disposition, par la Ville d’Angers, pour être mis en culture (légumière et/ou florale) par les habitants proches. Ils deviennent ainsi le jardin «particulier» de quelques immeubles. 

A la différence des jardins familiaux dont la fonction principale est vivrière, ces jardins ont plusieurs buts :

  •  donner aux habitants la fierté d’habiter leur îlot (valoriser son image, l’identifier, le sortir de l’anonymat),
  •  favoriser la convivialité (apparition d’évènements festifs et conviviaux autour des jardins),
  •  favoriser l’appropriation de l’espace public par les habitants,
  •  faire que le cadre de vie devienne lieu de vie 

De Verneau...

La première expérience angevine a pris naissance dans le quartier Verneau (îlot Yvonne/Pelluau/Thérèse).

Sensibilisée par une visite du quartier Maurepas à Rennes, sur lequel avaient été mis en place des jardins de pied d’immeuble, la Commission Cadre de Vie de Verneau avait été à l’initiative de cette demande à l’occasion de l’Opération de Renouvellement Urbain (ORU).

Cette première expérience n’a pas été un succès immédiat ; vandalisme sur l’abri de jardin, immeubles du secteur se vidant de leurs habitants, situation enclavée... Les jardiniers peinent à se constituer en association comme à Rennes et les jardins tombent en friche.

C’est la Régie de Quartier, grâce à son intervention pour animer ces jardins avec l’aide d’un adulte-relais, qui va permettre aux jardins de vivre, par le biais d’habitants du quartier et d’une parcelle pédagogique dédiée aux enfants de Tartifume. 

La Régie de Quartier a par ailleurs constitué dès le début 2004 un comité de suivi des jardins en pieds d’immeubles et s’est structurée pour répondre à cette demande nouvelle. La dynamique était lancée. 

... A Grand-Pigeon

Presque simultanément, une réflexion est engagée et aboutit à la création d’un jardin de pieds d’immeubles de 200 m2 rue Levavasseur (le fameux Jardin du Saule) et à une parcelle pédagogique dans le square Chaptal, dans le cadre de l’ORU Grand Pigeon.

C’est un succès immédiat. La dynamique engendrée autour de ces jardins est très forte ; les jardiniers locataires du quartier et d’origines culturelles diverses cultivent des légumes de leur pays, les font découvrir à leurs voisins, organisent des pique-niques de dégustation, achètent en commun un congélateur pour profiter aussi l’hiver de leurs récoltes...etc.

Au point que quand cette parcelle doit disparaître au profit de la construction du groupe scolaire Fratellini, les jardiniers et la Régie de Quartier sont très tôt demandeurs pour trouver une nouvelle parcelle d’accueil et pour envisager directement une taille supérieure des jardins.

Aujourd’hui, ce nouveau jardin (dont le nom a survécu au déménagement et à la disparition du saule pleureur inspirateur !) a pris place au cœur de l’îlot bâti Deux Croix / Jérusalem / Chaptal / Coëffard, dans le cadre des travaux liés à la rénovation urbaine du secteur et conduits par la SARA.

Ce jardin fait preuve d’une dynamique exceptionnelle. Une prochaine tranche de travaux permettra de lui adjoindre une parcelle pédagogique à destination des enfants des groupes scolaires et centres de loisirs environnants, une aire de jeux à destination des petits et une zone de convivialité. 

Et demain...

Un troisième jardin est né à la Roseraie, à proximité du groupe scolaire Jules Verne et de la rue Marc Sangnier à destination d’une quinzaine de jardiniers et des enfants du groupe scolaire par le biais d’une parcelle pédagogique.

Le projet a été mis en place en lien avec la régie de quartier et le directeur du primaire de l'école Jules Verne. 

En 2011, l’actuelle plaine de jeux Gagarine sera intégralement repensée dans le cadre de la rénovation urbaine et en lien avec la résidentialisation des immeubles d’Angers Habitat attenants.

Une parcelle de jardin de pieds d’immeubles y est déjà prévue, et la Régie de Quartier a déjà recensé une vingtaine de personnes d’ores et déjà motivées pour la mettre en culture ! 

Cette nouvelle manière d’appréhender et d’aménager certaines parties de l’espace public est un vecteur important des notions de respect de l’environnement : la récupération des eaux de pluie pour l’arrosage, le compostage des déchets verts, l’absence de désherbage chimique, la lutte biologique contre les ravageurs des cultures... sont autant de thèmes chers à la Régie de Quartier et transmis aux jardiniers, petits et grands.

Reste une réflexion à engager très prochainement pour tenter de trouver des solutions satisfaisantes à la gestion des déchets non compostables, actuellement stockés dans des cases à déchets vidées par les équipes de la Direction Parcs, Jardins et Paysages.