Crapauduc du lac de Maine

Pourquoi un tel dispositif ?

De février à mars, les crapauds communs quittent les jardins de la plaine du Vallon pour aller se reproduire et pondre dans l'étang du centre nautique.

La traversée de l'avenue du lac de Maine, où transitent environ 10 000 véhicules par jour, est souvent mortelle.

Pour éviter une trop grande mortalité et pour mieux connaître les populations d’amphibiens, la maison de l'environnement et la Ligue de Protection des Oiseaux ont imaginé le projet "crapauduc".

Comment ça marche ?

Les batraciens, arrêtés par les filets tendus le long de la route, sont piégés dans des pots. Chaque matin, ils sont collectés par des bénévoles, puis déposés de l'autre côté de la route. L'opération est évidemment renouvelée pendant la migration retour.

Voir comment se monte un crapauduc
(film de Matthieu Haag) :
 

Opération Crapauduc 2017

Pour la septième année consécutive, l’opération crapauduc est renouvelée au Lac de Maine de février à avril 2017. Ce dispositif de protection des amphibiens fonctionne grâce à la mobilisation des bénévoles et au partenariat avec la LPO Anjou.

A vos agendas !

MONTAGE LE DIMANCHE 12 FEVRIER
RDV  à 9h00 au parking du centre nautique.

En cas de conditions météorologiques défavorables, le montage sera reporté au dimanche suivant, même heure, même endroit.

Organisation pour le montage

Le montage a forcément lieu un dimanche de février avant la période de migration.

Pas besoin de compétence particulière, juste de la motivation. La réalisation de la tranchée nécessaire à l’enfouissement du filet est faite à l’avance, ce qui facilite grandement le travail.

Matériel nécessaire : pioche, bêche, marteaux, gilet haute visibilité, bottes.

Organisation pour le relevé quotidien

Chaque participant reçoit un mail avec un lien Doodle afin de pouvoir inscrire ses disponibilités (entrez votre nom et cochez les dates où vous êtes disponibles).

Chaque saisie est automatiquement envoyée à la Maison de l’environnement qui établit un planning qui est envoyé à tous les participants toutes les 2 semaines.
Les équipes responsables des relevés sont donc constituées en fonction des souhaits de chacun.

En période de faible activité des amphibiens, 3 à 4 personnes suffisent. L’intérêt d’avoir les disponibilités à l’avance est de pouvoir être réactif et de pouvoir mobiliser suffisamment de bénévoles en fonction des besoins.

 Le rendez-vous du matin

7h30 à l’arrêt de bus du parking du centre nautique.

Chaque matin, une personne référente est présente pour apporter les seaux et aider à la détermination des espèces.

2 équipes sont formées :

  • Equipe Pleine du Vallon :
    Les pots sont numérotés de 1 à 14. Il faut progresser pot par pot et soulever les feuilles au fond pour être sûr de bien compter tous les individus. Au retour (côté lac) les pots sont numérotés de 15 à 26. Compter également le nombre d’animaux écrasés en dehors du dispositif.
  • Equipe Camping du lac de Maine :
    Le comptage des individus écrasés se fait en  remontant l’avenue du lac. Arrivé au crapauduc face au camping, les pots sont numérotés de 27 à 40 côté champs. Des pots seront installés côté route pour éviter que les crapauds en migration retour restent prisonniers et ne se fassent écraser.

 Temps nécessaire :

Compter 15 minutes quand il n’y a pas trop d’individus capturés. En mars 2015, lors du pic de migration, certains relevés ont duré 45min, d’où la nécessité d’être plus nombreux ces jours là.

 Matériel nécessaire aux relevés quotidiens :

  • Les fiches de suivi
  • Une lampe torche
  • Un gilet haute visibilité
  • Des seaux (apportés par les référents)
  • Un appareil photo numérique (si possible)

Les outils pour le suivi

  •  Les fiches de suivi
  •  Les fiches d'identification

  •  Le suivi de la météo

Cela permet d’anticiper une période de redoux synonyme d’activité plus importante pour les amphibiens et donc de mobiliser plus de bénévoles si besoin.

Les prévisions météo sont consultables à l’adresse suivante :

http://www.angers.fr/actualites/meteo/index.html

 

Exploitation des données :

Le fichier Excel de la fiche de suivi est complété puis envoyé par mail à :

maxime.morin(at)ville.angers.fr

La fiche de suivi manuscrite est à déposer/envoyer à la Maison de l’environnement pour contrôler les résultats et limiter les erreurs de saisie.

Les résultats seront communiqués régulièrement sur ce site et une réunion en fin d’opération sera proposée afin d’ajuster le dispositif.

Questions, remarques, suggestions :

Maison de l’environnement

02 41 05 33 60

maxime.morin(at)ville.angers.fr

Les résultats des années précédentes

En 2016, plus de 600 crapauds ont ainsi été capturés et relâchés au niveau de la Plaine du Vallon. La forte mortalité face au camping a mis en évidence un second axe de migration.
Un second dispositif a donc été installé face au camping en 2012.
Les résultats de 2012 sont nettement inférieurs avec environ 400 animaux interceptés sur les 2 dispositifs. Les conditions météo ainsi que la biologie de l’espèce pourraient expliquer cette baisse.

L’ensemble des résultats est disponible dans les onglets ci-dessous (crapauduc 2012 et crapauduc 2011).

Crapauduc 2011

Crapauduc Info janvier

Le montage du crapauduc du lac de Maine a eu lieu le dimanche 9 janvier.

Une trentaine de bénévoles étaient présents à 9h pour participer à cette opération particulière, qui s’est déroulée dans des conditions météorologiques idéales : soleil, températures printanières, pas de vent.

Le dispositif a été installé de chaque côté de l’avenue du lac de Maine.

Voici en quelques clichés les étapes du montage :

  • Réaliser une tranchée de 10 à 15 cm de profondeur pour enterrer le bas du filet
  • Planter tous les 2m les piquets en bois
  • Tendre la ficelle entre les piquets
  • Fixer le filet sur les piquets
  • Enterrer les pots tous les 15m
  • Reboucher la tranchée pour recouvrir le bas du filet
  • Tapisser le fond des pots de feuilles mortes.

Après 4h de travail, le dispositif était en place :

Un certain nombre de promeneurs et même quelques automobilistes se sont arrêtés, interpellés par l’originalité de l’opération.

 

Place au suivi…

Les relevés ont commencé dès le lendemain du montage.

Chaque jour au petit matin, des bénévoles se relaient pour voir si des amphibiens (qui sont plus actifs la nuit) sont tombés dans les pots. Ils sont identifiés, comptés puis transportés dans des seaux de l’autre côté de la route.

La période de migration est dépendante des conditions météorologiques (temps doux et humide), et donc difficilement prévisible. Elle est également variable selon les espèces ; certaines sont très précoces, d’autre plus tardives. C’est pour cela que le crapauduc est installé dès janvier et sur une période d’environ 3 mois.

Le démontage aura lieu en fin de migration.

L’espèce probablement la plus présente devrait être le crapaud commun qui séjourne dans de nombreux jardins.

Crapauduc info février

La première semaine après le montage a bénéficié de températures clémentes, ce qui nous a permis de capturer 4 mâles de crapauds communs (Bufo bufo).

Les 3 semaines suivantes étant beaucoup plus froides,  les amphibiens n’étaient plus au rendez vous. Jour après jour, le doute s’installait. Depuis le 5 février les choses bougent, puisqu’à partir de cette date une hausse des températures ainsi qu’une pluviométrie régulière ont permis d’obtenir les résultats suivants :

Petites précisions :

Au 25 février, nous arrivons donc à un total de 98 amphibiens capturés. En dehors du dispositif,  21 crapauds communs ont été écrasés.

Sur les 98 captures, 95 sont des crapauds communs. La répartition se fait de la façon suivante :

  • 64 mâles
  • 23 femelles
  • 8 indéterminés (juvéniles de petite taille)

 La majorité des captures a eu lieu dans les pots n° 6, 7 et 8 avec respectivement 8, 14 et 18 individus. Ces pots se situent à peu près au milieu du dispositif, côté plaine du Vallon.

Pour le moment une faible diversité :

En dehors du crapaud commun, les espèces rencontrées sont :

  • Une grenouille agile (sexe indéterminé)
  • Une grenouille verte mâle
  • Une salamandre femelle

La salamandre est prise en photo car le dessin formé par les tâches jaunes permettra de la reconnaître en cas de nouvelle capture de salamandre.

Déjà quelques amplexus…

 

Pour certains, l’accouplement (ou amplexus) commence dès la migration: les mâles grimpent sur les femelles, se font transporter et sont donc en position de favoris pour se reproduire.

Parfois, on trouve même plusieurs mâles sur une seule femelle!

A suivre…

Le suivi quotidien va perdurer en mars, selon les résultats obtenus et les conditions météo, le démontage pourrait avoir lieu fin mars ou lors de la 1er quinzaine d’avril.

 

BILAN Crapauduc

Un bilan chiffré

Le mois de mars a été très instructif sur la migration des amphibiens.

Après 14 semaines de suivi, voici le résultat des captures:

 

 

Aller

Retour

Crapaud commun

632

215

Grenouille agile

1

0

Grenouille verte

1

0

Salamandre tachetée

0

1*

Triton palmé

0

1

* Une femelle identifiée à partir du dessin de ses tâches a été capturée 2 fois : le 19 février et le 14 mars

 

Le crapaud commun

C’est l’espèce largement majoritaire par rapport aux autres espèces :

 

 

ALLER

2011

mâles

femelles

indéfinis

total

janvier

4

0

0

4

février

81

33

11

125

mars

302

186

2

490

avril

1

9

3

13

Total

388

228

16

632

 

 

 

 

 

 

RETOUR

2011

mâles

femelles

indéfinis

total

janvier

0

0

0

0

février

6

0

3

9

mars

71

100

10

181

avril

9

4

12

25

Total

86

104

25

215

 

 

La reproduction commence dès la migration. Ainsi, un certain nombre d’amplexus (phase d’accouplement)  a été recensé dans les pots.

 

 

 

Amplexus

Janvier 2011

0

Février 2011

15

Mars 2011

100 + 6*

Avril 2011

0

Total

115 + 6*

* dans les pots côté retour

 

Le pic de migration

Après une première semaine très froide, le nombre d’animaux capturés a brusquement augmenté du 9 mars au 15 mars, comme l’indique le graphique suivant :

Le pic de migration (pré-nuptiale) apparaît nettement le 14 mars avec 96 captures.

•         Les mâles migrent en premier (courbe bleue sur le graphique)

•         Les mâles migrent en plus grand nombre à l’aller : 61% des captures, contre 36% de femelles

Les températures relevées pendant cette période sont en légère augmentation, ce qui correspond bien à la mise en route de la migration :

Un objectif…se reproduire…

100 Amplexus (animaux en cours d’accouplement) ont été recensés dans les pots en mars.

Les mâles grimpent sur les femelles avant d’arriver dans la mare pour être sûrs de se reproduire.

Avec parfois quelques ratés…

Dans la mare, certaines femelles sont assaillies par les mâles, comme le montre la photo suivante : 7 mâles sur une femelle!

Après quelques nuits très actives (800 individus comptés dans la nuit du 11mars), les premières pontes apparaissent dans la végétation.

Côté retour (du lac vers la plaine du Vallon)

La migration retour (ou post nuptiale) est perceptible dès le 10 mars, avec un pic le 19 mars, suivi d’un second le 28 mars. Les températures minimales relevées entre ces 2 dates sont inférieures à 5°C et peuvent justifier le fractionnement du pic de migration retour. De même pour le 18 mars, la chute des effectifs peut s’expliquer par une température légèrement inférieure ce jour là. (3°C)

La courbe rose montre clairement le retour des femelles avant les mâles.

•         Les femelles sont plus nombreuses au retour : 48% des captures (mâles 40%)

•         Dans l’hypothèse ou les animaux au retour sont les mêmes qu’à l’aller, on peut estimer que :

- 46% des femelles capturées à l’aller sont piégées au retour

- 22% seulement pour les mâles

Apparemment, les femelles pondent et repartent rapidement alors que les mâles restent dans la mare plus longtemps. Le retour doit être plus étalé dans le temps.

 

Une mortalité importante :

Lors du pic de migration 394 animaux écrasés ont été comptés sur différents secteurs :

  • Entre le crapauduc et le rond point du centre nautique
  • Entre le rond point du centre nautique et le camping
  • En contre bas du champ face au camping

Selon des comptages routiers effectués en octobre 2010 sur l’avenue du lac de Maine, il y a environ 10500 véhicules/jour qui passent en semaine et 7800 le week-end.

Chaque nuit, entre 21h et 7h du matin, 650 véhicules empruntent cet axe routier (680 le week-end). Cela représente seulement 6.5% du trafic routier de la semaine et 8.7% le week-end.

Les premiers enseignements :

Aux 632 crapauds communs capturés, il faut ajouter, les 394 écrasés et la centaine comptabilisée sur le bord de la route mais non écrasée, on arrive donc à un total de 1125 crapauds communs.

Ce chiffre montre l’importance de la population dans ce secteur. Il est cependant impossible de quantifier précisément cette population car de nombreux individus ont dû traverser la route sans se faire écraser ni comptabiliser. De même, il existe probablement une population de crapauds communs vivant côté lac, mais celle-ci ne peut-être quantifiée.

La mare du centre nautique semble être le lieu privilégié pour la reproduction de ces populations.

Les  faibles effectifs des autres espèces sont surprenants et nécessiteraient des investigations complémentaires.

La forte mortalité observée face au camping montre qu’il existe certainement un deuxième axe de migration et qu’un deuxième dispositif ce justifie dans ce secteur.

Le démontage

Une vingtaine de bénévoles étaient présents pour le démontage qui a eu lieu le dimanche 17 avril. Après avoir retiré le matériel, la tranchée a été rebouchée avec du sable pour faciliter sa réouverture l’année prochaine.

L’emplacement du crapauduc :

Les pots étaient numérotés de 1 à 13 côté plaine du Vallon et de 14 à 29 côté lac.

Au vu des résultats, il apparaît que les 8 premiers pots représentent 85% des captures en février et 87% en mars. Le couloir de migration se situe dans ce secteur.

A l’inverse, les pots 11, 12 et 13 ne représentent que 4% des captures; ces pots sont légèrement excentrés par rapport à la plaine du Vallon.

Le retour se fait principalement par les pots 17 et 18 (40% des captures retours en mars) puis de façon plus étalée dans le reste des pots.

Perspectives 2012

Suite à la réunion bilan du 17 mai dernier, voici les pistes de réflexion émises pour reconduire l’opération en 2012 :

Au niveau de la plaine du Vallon :

  • Raccourcir le dispositif côté plaine du Vallon (pots 11, 12 et 13 peu fréquentés)
  • Conserver le même linéaire côté lac

 

Prolonger le dispositif où la mortalité a été observée :

  • Impossible d’avoir un dispositif continu car la distance est trop élevée (environ 700m) et 5 chemins piétons relient les habitations à la route.
  • Localiser le prolongement en contrebas du champ, face au camping
  • Ne faire qu’un seul côté car de nombreuses habitations sont présentes côté lac, cela nécessiterait la pose de pots de chaque côté du filet, pour éviter que les animaux qui retournent vers le champ après reproduction ne restent piégés côté route.
  • Réfléchir à la faisabilité d’installer des « chicanes » dans les chemins piétons pour intercepter les crapauds sans condamner l’accès.

Pour l’ensemble du dispositif :

  • Réduire la période de relevé (février mars)
  • Faire 2 équipes par jour sur les 2 dispositifs distants d’environ 500m
  • Voir la possibilité d’avoir un engin type mini-pelle qui prépare le terrain avant la mise en place des filets
  • Renforcer la mobilisation au niveau du quartier
  • Améliorer la signalisation du dispositif

 

Localisation des dispositifs pour 2012 :

Prochain rendez vous :

Automne 2011 pour relancer le dispositif et la mobilisation des bénévoles.

Merci à l’ensemble des bénévoles pour le succès de cette opération.

Crapauduc 2014