Laissez-vous conter l'hôpital Saint-Jean

Les greniers de l’hôpital Saint-Jean vus à travers le cloître © Ville d’Angers - Cliché Stéphanie Vitard.
Les greniers de l’hôpital Saint-Jean vus à travers le cloître © Ville d’Angers - Cliché Stéphanie Vitard.

MUSÉE JEAN-LURÇAT ET DE LA TAPISSERIE CONTEMPORAINE

L'hôpital Saint-Jean d'Angers est l'un des plus anciens témoins de l'architecture hospitalière française. La salle des malades, édifice majeur de l'art gothique de l'Ouest de la France, forme avec la chapelle, le cloître et les greniers un remarquable ensemble médiéval civil.

Une fondation laïque

Une fondation sous patronage royal

L’équipement hospitalier d'Angers était alors des plus réduits : deux aumôneries, deux léproseries et quelques infirmeries monastiques accueillant aussi des laïcs. Vers 1180, à l'instigation d'Henri II Plantagenêt qui crée des établissements analogues au Mans et dans plusieurs villes de Normandie, le sénéchal d’Anjou Étienne de Marçay fonde un grand hôpital dédié à saint Jean l’Évangéliste, dans le quartier en pleine expansion de la Doutre. La proximité de la Maine, dont un bras coulait au pied même de l’hôpital, a sans doute été déterminante dans l’implantation : approvisionnement par voie fluviale, écoulement facile des eaux usées. La fondation est destinée aux pauvres et malades. Suivant la législation du IIIe concile de Latran, l'hôpital dispose en 1184 d'une chapelle desservie par quatre prêtres, puis, vers 1190, d'un cimetière. Vers 1203-1205, trente religieux, religieuses et frères laïcs, dirigés par un prieur, suivent la règle de saint Augustin et mettent en place des statuts, confirmés en 1267 par le pape Clément IV. Grâce aux dons généreux d'Henri II et de tout un groupe de laïcs et de prêtres, le sort matériel de la fondation est assuré : écluse des Treilles, partie des péages du Grand pont, libre transport de sel, terres, bois, rentes en ville forment un solide patrimoine. Tous les malades ne sont pas accueillis : on écarte les contagieux, les incurables, les individus dangereux et les jeunes enfants. Les frères doivent parler à "nos seigneurs les pauvres" avec douceur, les bien nourrir, les veiller la nuit, les empêcher d'avoir froid et assister à leur sépulture. Mais cet esprit de service s’émousse à la fin du Moyen Âge.

Façade de la salle des malades du XIIe siècle
Façade de la salle des malades du XIIe siècle
avec ses contreforts où se mêlent tuffeau et schiste ardoisier. La galerie, vestige d’un ancien cloître, date du XVIIe siècle © Musées d’Angers - Cliché Pierre David.
avec ses contreforts où se mêlent tuffeau et schiste ardoisier. La galerie, vestige d’un ancien cloître, date du XVIIe siècle © Musées d’Angers - Cliché Pierre David.

L’hôpital des pauvres

De l’hôpital… au musée

À partir des années 1480, une grave crise interne oppose le prieur et ses religieux sur le respect des statuts du XIIIe siècle. Au terme d'une série de procès qui durent plus de soixante-dix ans, le Parlement de Paris remet l'administration du bâtiment à quatre bourgeois élus par les échevins, supprime les offices claustraux et refond les statuts en 1554. Les comptes de journées des malades, conservés depuis 1536, permettent de savoir qu'il y a en moyenne 188 malades par jour en 1656 et jusqu'à 671 en 1782. Les malades sont plusieurs par lit et leur nourriture semble moins variée que celle des religieux qui s'offrent baleine, esturgeon et huîtres. Les médicaments sont fournis par les apothicaires d’Angers jusqu'au legs de Lucrèce Maumussard qui permet d'installer une apothicairerie, en partie conservée. En 1639, les filles de la Charité, accompagnées par Louise de Marillac, prennent en charge le service de l'hôpital. Elles reçoivent la visite de leur fondateur, saint Vincent de Paul, en 1647. Un procès-verbal de 1645 précise que le personnel de l'hôpital compte 10 religieux, 8 filles de la Charité, un médecin, un apothicaire, un chirurgien, 46 serviteurs, 20 lavandières. En 1797, tous les hôpitaux de la ville sont réunis sous la même tutelle municipale. C’est seulement en 1865 que l’on transfère tous les malades dans un nouvel hôpital, devenu l’actuel Centre hospitalier (CHU). Malgré différents projets de voirie, l’enclos de l’ancien hôpital est finalement préservé du morcellement. La salle des malades, affectée au musée archéologique, est restaurée vers 1900 sous la direction de l’architecte Lucien Magne. En 1968, les collections laissent place aux tapisseries du "Chant du Monde" de Jean Lurçat, auxquelles est adjoint en 1986, dans les anciennes salles de bain et logements des soeurs de l’hôpital, devenus orphelinat municipal au XIXe siècle, le musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine. Des ateliers de création d’art textile s’installent dans l’ancienne maternité. L’ensemble des bâtiments de l’hôpital a bénéficié d’une restauration à partir de 1988.

 

Vue intérieure de la salle des malades de l’hôtel-Dieu en 1838, lithographie d’Ernest Lesourd © Musées d’Angers - Cliché Pierre David.
Vue intérieure de la salle des malades de l’hôtel-Dieu en 1838, lithographie d’Ernest Lesourd © Musées d’Angers - Cliché Pierre David.

Un nouveau style : le gothique Plantagenêt

La salle des malades

On entre aujourd’hui dans cette vaste salle dans le sens inverse de celui du Moyen Âge. L'entrée principale était située dans l’actuelle rue Gay-Lussac, puis on passait par le cloître avant d'être admis dans la grande salle. Le contraste est saisissant entre l’extérieur en schiste austère et la blanche harmonie de l'intérieur. Cette vaste salle de 60 m sur 22,50 m est attestée en 1188, mais son voûtement, fortement bombé, n’intervient sans doute qu’au début du XIIIe siècle. Trois nefs égales séparées par deux files de colonnes composent un remarquable volume unitaire, au sobre décor : griffes en volute des bases, chapiteaux à simples motifs végétaux. Jadis, la salle était cloisonnée : un premier mur peu élevé divisait la nef centrale en deux dortoirs. Des parois de bois scellées entre les colonnes séparaient les 110 lits des hommes des 112 lits des femmes que comptait la salle au XVIIe siècle. Depuis 1962, la pharmacie est présentée à l'entrée de la salle. Dans cet écrin est présenté "Le Chant du Monde" de Jean Lurçat, vaste tenture qui comprend dix tapisseries tissées entre 1959 et 1965 dans les ateliers d'Aubusson (Tabard, Goubely, Picaud). Lorsque Lurçat découvre en 1937 la tenture de "l'Apocalypse" d'Angers, il comprend que la tapisserie peut avoir un langage spécifique. Après la Seconde Guerre mondiale, il met au point la technique des tons comptés, des gammes de couleurs réduites, du carton numéroté. Chef de file du mouvement de la renaissance de la tapisserie française, il donne toute son énergie à promouvoir et faire connaître ce domaine de l'art. "Le Chant du Monde" est son message personnel de paix et d'espoir, une "Apocalypse" des temps modernes. La richesse du vocabulaire utilisé par Lurçat en fait une des oeuvres majeures de l'artiste.

Le cloître situé à l’ouest se compose de trois galeries dont deux de style roman © Ville d’Angers - Cliché Thierry Bonnet.
Le cloître situé à l’ouest se compose de trois galeries dont deux de style roman © Ville d’Angers - Cliché Thierry Bonnet.

Un ensemble hospitalier bien conservé

La chapelle

On entre désormais par l'ancien choeur et non plus par la porte romane à panneaux historiés du XVIe siècle dont la base vient d'être dégagée. La chapelle est postérieure à la salle des malades. Consacrée vers 1195 par l'évêque Raoul de Beaumont, elle était destinée à la communauté religieuse et aux malades qui y recevaient les sacrements avant leur admission. De plan carré, deux nefs de même hauteur sont séparées par deux colonnes élancées. Le voûtement porte trace de nombreuses maladresses, signe d’un agrandissement. Le fin décor d’arcatures des baies se retrouve autour de la porte d'origine. Le XVIIIe siècle modifie la disposition intérieure. Le maître-autel et deux autels latéraux sont installés au nord et entourés d'une table de communion. Face aux autels, une tribune porte une boiserie représentant saint Charles Borromée et la peste de Milan.

Les cloîtres et autres lieuxcommunautaires

La salle des malades était encadrée par deux cloîtres. Du grand cloître, reconstruit grâce aux 8 000 livres données par René Hiret en 1623, il ne reste qu'une galerie le long de l'entrée actuelle. Appelé aussi cloître des gardiennes au XVe siècle, il est encadré en 1188 par la cuisine et un logement. Les fondations d'un lavabo de plan hexagonal ont été dégagées en 1874 et sont encore visibles. C'était à l'origine le seul point d'arrivée d'eau. Le petit cloître ne comporte que trois galeries dans son aspect actuel. Deux sont d'esprit roman avec leurs arcades en plein-cintre reposant sur des colonnes jumelées. C'est l'un des rares cloîtres de cette période dans notre région. La charpente en appentis ne date que du XVe siècle. L'aile sud Renaissance, surmontée d'un chartrier, est édifiée par le fameux architecte Jean Delespine après 1534. Elle jouxte la tour d'escalier de l'ancien logis du prieur (XVe siècle), aujourd’hui détruit. Le quatrième côté a t-il été construit ? Au XVIIe siècle, des latrines occupent cet emplacement. Sous le préau se trouve encore une vaste fosse d'aisances, voûtée vers 1540, dont les matières s'évacuaient vers la Maine par un grand collecteur le long de la salle des malades. La fonction de ce cloître n'est pas celle que l'on connaît dans les monastères. C’était une entrée couverte, sorte de salle d'attente avant l'admission. Il nous manque aujourd’hui de nombreux bâtiments pour comprendre les circulations et le fonctionnement  interne. Ainsi en est-il du logement des religieux, des cuisines et du réfectoire. Au nord, subsistent encore des bâtiments du XVIIIe siècle , dont la buanderie (1752), transformée en gymnase. D'autres lieux dépendant de l'hôpital étaient en dehors de l'enclos, tel le cimetière des pauvres, situé sur l'actuelle place de la Paix, de 1190 à 1776.

Apothicairerie de l’hôpital exposée dans la salle des malades depuis 1962 © Ville d’Angers - Cliché Thierry Bonnet.
Apothicairerie de l’hôpital exposée dans la salle des malades depuis 1962 © Ville d’Angers - Cliché Thierry Bonnet

Des greniers bien remplis

Les greniers, cave et école

L’imposant bâtiment qui s'ouvre sur la place du Tertre-Saint-Laurent est construit après 1188. À cette date l'abbesse du Ronceray évoque la "roche de l'aumônerie", lieu désignant les caves. Cette vaste construction possède deux niveaux. Les caves, deux vaisseaux voûtés d'arêtes séparés par d'énormes piliers carrés, ouvrent de plain-pied sur l'enclos grâce à la dénivellation du terrain. À l'étage, les greniers proprement dits sont divisés en trois vaisseaux séparés par de grands arcs en plein-cintre retombant sur des colonnes jumelées (XIIe siècle) ou de simples piliers (XVIe siècle). Les façades sur la place et la rue des Greniers-Saint-Jean, entièrement en schiste, forment l'extrémité de l'enclos hospitalier avec de longues meurtrières pour seules ouvertures. L'entrée primitive se situe sur la façade orientale en tuffeau, percée d'une série de baies jumelées se poursuivant sur le pignon nord. Le décor très soigné et les nombreuses baies des greniers surprennent pour un simple bâtiment à provisions. Avait-il une fonction l'hospice ? On trouve fréquemment une séparation entre infirmerie et hospice dans beaucoup d'hôpitaux médiévaux. La conservation des céréales y est, en tout cas, attestée à partir du XVe siècle. La charpente n'était pas visible comme elle l'est aujourd'hui : un plancher ménageait une aire de stockage supplémentaire. Les greniers étaient reliés à un moulin. Ruiné, il a été remplacé en 1824 par une école de charité, construite sur les plans de l'architecte Louis François. C’est l'actuel bâtiment de service. Dans les caves était conservé le produit des nombreuses vignes de l'hôpital.Une source s'écoulant sur les parois, réunie en deux conduites principales, fait office de chasse d'eau en se déversant dans les canalisations vers la Maine.


En 1561, le projet de faire des greniers un lieu de prêche protestant n'aboutit pas. Les grandes épidémies de peste obligent à y loger des malades, spécialement en 1598. Lors de la visite de Mérimée à Angers en 1836, le bâtiment sert toujours de grenier à blé, fonction qu’il garde partiellement jusqu’à l’ouverture du nouvel hôpital en 1865. Classés monuments historiques en 1862, les bâtiments sont achetés par la ville en 1868, mais la commission des hospices les avait entre-temps loués à un brasseur. Les caves restent ainsi à usage de brasserie jusqu’à leur transformation en musée du vin, en 1932. Depuis 1954, les greniers sont transformés en salle des fêtes. S’y déroulent de prestigieuses manifestations : la réception du colonel Glenn, premier astronaute américain (1966) ; le concert inaugural du nouvel Orchestre philharmonique des Pays de la Loire (21 septembre 1971) ; le dixième anniversaire du jumelage entre Angers, Haarlem et Osnabrück (1974). Les caves accueillent les chevaliers du Sacavin d’Anjou, la plus ancienne confrérie vineuse de France, qui trouve là un cadre idéal pour l’intronisation de ses nouveaux chevaliers. La restauration réalisée en 1992-1994 remet en valeur l’architecture des greniers tout en apportant les améliorations indispensables à l’accueil du public. Le pignon sud, sur la place du Tertre-Saint-Laurent, est avancé de quelques mètres, pour inclure les espaces techniques.

Intérieur des greniers de l’hôpital Saint-Jean (XIIe - XVIe siècles) © Musées d’Angers - Cliché Pierre David.
Intérieur des greniers de l’hôpital Saint-Jean (XIIe - XVIe siècles) © Musées d’Angers - Cliché Pierre David.

Une collection d’art textile exceptionnelle

Le musée de la tapisserie contemporaine

Restauré en 1986 pour abriter le musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine, ce bâtiment présente les collections permanentes consacrées aux importantes donations Simone Lurçat (1988) et Thomas Gleb (1990). Le fonds Lurçat vient compléter par des tableaux, dessins, céramiques, lithographies et tapisseries "Le Chant du Monde" exposé à l'hôpital Saint- Jean. Il permet d'évoquer la carrière de cet artiste né en 1892, mort en 1966, qui a vécu deux guerres, dont l'oeuvre peinte reste peu connue du public. Elle s'inscrit dans le courant cubiste puis surréaliste avec, chez Lurçat, l'utilisation d'une palette très colorée qui rend son oeuvre séduisante.

Un peu plus jeune, Thomas Gleb (1912-1991) est un artiste d'origine polonaise. Peintre, sa rencontre avec le lissier Pierre Daquin, aux débuts des années 60, va le propulser dans le mouvement de la "Nouvelle tapisserie". Ces tapisseries "blanc sur blanc" à la dimension métaphysique seront parmi les oeuvres d'avant-garde de ces années-là. Par ailleurs, le musée conduit une politique d'expositions temporaires consacrées aux grands noms de la tapisserie française d'après guerre (Lagrange, Prassinos, Wogensky, Matégot, Tourlière…), au mouvement des artistes de la "Nouvelle tapisserie" des années 60-70 (Gleb, Grau-Garriga, Buic, Daquin, Olga de Amaral…), aux artistes liciers créateurs de ces dernières décennies (Giannesini, Simard Laflamme…). Quelques autres expositions montrent la diversité de l'expression textile comme les oeuvres de l'atelier égyptien de Wissa Wassef, l'oeuvre tressée de Guy Houdouin, les tricotages et dentelles de Marie-Rose Lortet ou la triennale internationale de mini-textiles…

 

François Comte, Archéologue, Ville d’Angers
Sylvain Bertoldi, Conservateur en chef des Archives d’Angers
Françoise de Loisy, Conservateur du patrimoine aux musées d’Angers

2002

Jean Lurçat " Le Chant du Monde", (Ornamentos Sagrados, détail) © Musées d’Angers - Cliché Pierre David.
Jean Lurçat " Le Chant du Monde", (Ornamentos Sagrados, détail) © Musées d’Angers - Cliché Pierre David.

Découvrez l’ancien hôpital Saint-Jean

actuel Musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine

Ouverture :

  • Hors saison de septembre à juin - tous les jours sauf le lundi de 10 h à
    12 h / de 14 h à 18 h.
    Musée fermé les 1er janvier, 1er mai, 1er novembre, 11 novembre,
    et 25 décembre.
  • En saison estivale de juin à septembre - tous les jours de 10 h 00 à 18 h 30.
  • Découvrez les greniers Saint-Jean, place du Tertre-Saint-Laurent, lors des
    journées du patrimoine ou lors de manifestations et de visites organisées

Renseignements

  •  Conservation et direction des Musées d’Angers
    14, rue du musée - 49100 Angers
    Tél. : 02 41 05 38 00 - Fax : 02 41 05 38 09
    Mél. : musees(at)ville.angers.fr
  • Service culturel pour les publics des Musées d’Angers
    Tél. : 02 41 05 38 38 - Fax : 02 41 05 38 39
    Web : www.musees.angers.fr
  • Musée de la tapisserie contemporaine
    4, boulevard Arago - 49100 ANGERS
    Tél. 02 41 24 18 48
  • Musée Jean-Lurçat
    4, boulevard Arago - 49100 ANGERS
    Tél. 02 41 24 18 45
  •  Mairie d’Angers
    Relations publiques - Gestion des salles municipales
    Boulevard de la Résistance-et-de-la-Déportation
    BP 80011 - 49020 ANGERS CEDEX 02
    Tél. : 02 41 05 40 73 - Fax : 02 41 05 39 08
    Web : www.angers.fr
  •  Angers Loire Tourisme
    7, place Kennedy – B.P. 15 157 – 49051 Angers cedex 02
    Tél. : 02 41 23 50 00 – Fax : 02 41 23 50 09
    Mél. : accueil(at)angersloiretourisme.com
    service.groupes(at)angersloiretourisme.com
    Web : www.angersloiretourisme.com
  •  Service éducatif, Angers, Ville d’art et d’histoire
    43, rue Salpinte - 49100 Angers
    Tél. : 02 41 60 22 13 - Fax : 02 41 41 35 09
    Mél : ville-art-et-histoire(at)ville.angers.fr