Les Journées européennes du patrimoine

Les parcs Saint-Nicolas

Trait d’union entre la ville et la campagne, les parcs Saint-Nicolas font partie d’un ensemble d’espaces « naturels » comprenant l’île Saint-Aubin, le parc de Balzac et le parc du lac de Maine.  

Les 112 ha qu’ils représentent résultent de l’assemblage de quatre parcs dont l’origine remonte au xie siècle : le parc de la Garenne, le parc des Carrières, le parc de la Haye et le parc de Belle-Beille.

C’est le comte d’Anjou Foulques Nerra qui décide de creuser l’étang et d’élargir les rives du Brionneau.  En 1640, une partie des terres appelées « la garenne de l’étang Saint-Nicolas », une relique de l’antique forêt des Echats, est donnée à l’abbaye Saint-Nicolas. Au XIIe siècle, installation des moines à l’Abbaye de la Haye aux Bonshommes à la queue de l’étang : les moines rachètent petit à petit les terrains autour de l’étang et tracent des chemins qu’ils bordent de lilas et d’arbres.

 La vallée du Brionneau est élargie : constitution de l’étang, apparition des premiers moulins sur digue, l’activité artisanale qui s’y développe est l’extraction de l’ardoise. Saint-Louis fait utiliser le schiste du Brionneau pour construire en partie le château d’Angers. Au XVI è siècle une intense activité est présente sur ces parcs : moulins à eau, rouisseurs de chanvre et de lin, céréales, blanchiment de toiles, laverie pour le linge, pêche…

En 1791, les terrains sont vendus comme biens nationaux par Louis-Marie Annibal de Farcy. Au XIX è installation d’horticulteurs à la recherche de sols riches en oxyde de fer pour bleuir les hortensias. En 1876, installation des stands de tir de l’armée, toujours présents et utilisés comme lieu d'exécution pendant la seconde guerre mondiale.

En 1932, la Ville demande le classement du parc. Il est inscrit à l’inventaire des sites dont la conservation présente un intérêt général. Devenu propriété municipale en 1936, le parc de la Garenne est aménagé par le paysagiste René-Édouard André qui souhaite conserver au site son caractère pittoresque et sauvage.

Aujourd’hui, les parcs Saint-Nicolas déploient une végétation très diversifiée sur 12 km de promenade : coteaux Nord et Sud, carrières de schiste ardoisier, lande sèche ou combes humides. Intégration dans la boucle verte angevine, recherche de connexion avec le parc de Balzac et les autres espaces de nature, nombreux aménagements pour assurer les continuités pédestres et écologiques. Un écosystème remarquable dont la biodiversité est à préserver : pas de pesticides, et actions écologiques telles que le débardage à cheval, ou la pose de nichoirs.

Les cinq parcs

Parc de la Garenne : un parc dessiné, plus horticole datant de 1936.

Parc des Carrières : ancien champ d’extraction, milieux particuliers de recolonisation de sols nus.

Parc de la Haye : parc boisé avec des essences méditerranéennes et des chênaies.

Parc de belle-Beille : les coteaux nord composés de bois de châtaigniers, de sols riches en oxyde de fer pour bleuir les hortensias. En 1876, installation des stands de tir de l’armée, utilisés ensuite comme lieu d'exécution pendant la seconde guerre mondiale. 

Queue de l’étang : milieux humides, landes sèches, milieux rares et fragiles.

L’étang : apprécié pour la pêche, faune aquatique représentative des rivières armoricaines.

 

L'ancienne abbaye Saint-Nicolas

L'abbaye Saint-Nicolas est fondée au début du 11e siècle par le comte Foulques Nerra à la suite d'un vœu lors d'une tempête au cours d'un pèlerinage à Jérusalem. Elle est réédifiée aux 12e et 13e siècles. Le palais abbatial remonte au 15e siècle. L'ensemble des bâtiments conventuels et le logis de l'abbé font l'objet d'une reconstruction dans les années 1720-1730. De cette époque date le fronton du pavillon central sur lequel on distingue l’écu de France, au centre, l’écusson de l’ordre de saint Benoit, à gauche, et les armes de l’abbaye, à droite. Déclarée bien national à la Révolution, l'abbaye est en partie détruite - église et cloître -, les autres constructions servant dès lors à divers usages, caserne, grenier d'abondance, hôpital... Les lieux sont aujourd'hui la propriété des Sœurs du Bon-Pasteur et de la maison de retraite Saint-Nicolas : cette dernière occupe le palais abbatial et un ensemble de bâtiments des 19e et 20e siècles.

"Nul ne doute , que le problème du logement est parmi les plus angoissants de ceux qui se posent à notre société. Le temps de la reconstruction est venu."

C’est par ces mots qu’Eugène Claudius-Petit, ministre de la reconstruction après-guerre et angevin de naissance, lance la construction du quartier de Belle-Beille,  à l’ouest de la ville, en 1953-1955. Son attention est attirée par le mouvement des squatters angevins lancé par Christine Brisset, fondatrice des Castors angevins. L’office municipal d’HLM se lance alors dans  la construction de 55 bâtiments le long de l’avenue Notre-Dame-du-Lac ainsi que de la tour Louis-Boisramé qui domine aujourd’hui le paysage du haut de ses 12 étages et de ses 42 mètres.

Par la suite, le quartier continue de faire l’objet d’opérations d’urbanisme de grande ampleur avec la construction de grands ensembles le long de l’avenue Notre-Dame-du-Lac, de l’avenue Patton et du boulevard Beaussier.

Dans les années 70 c’est le campus de Belle-Beille qui s’installe dans le quartier.  Il regroupe aujourd’hui plus de 15000 étudiants.

Le quartier a profité de nombreuses transformations ces dernières années et continue sa métamorphose.