Portrait de Christophe Lesort, chef de la mission berges

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Portrait de Christophe Lesort, chef de la mission berges

Rive droite, rive gauche, où ça nous Maine ?

La Maine est intimement liée à l’histoire d’Angers. Tantôt attractive, tantôt reléguée à des usages plus secondaires, elle fut un lieu stratégique d’échanges commerciaux, conviviaux ou le ralliement des autos... Lancé en 2009, le projet de reconquête des rives de la Maine était dans les esprits depuis 2003 déjà. Le 3 février dernier, la consultation sur ce sujet a rencontré un vif intérêt. Le point sur le dossier Rives de la Maine avec Christophe Lesort, son chef de projet.

Christophe, pourquoi ce projet Rives de Maine ?

La Ville s’interrogeait sur le devenir de l’espace que libèreraient les voies sur berges après l’autoroute.  Depuis 2004, des études sont engagées. De nombreuses villes dotées d’un fleuve font cette reconquête. Certaines ont avancé et même finalisé ce projet, et présentent aujourd’hui de très beaux exemples de réalisations que ce soit en matière d’aménagements, d’animations et de modifications profondes de vie et d’image. C’est le cas notamment de Bordeaux ou de Lyon, présentes le 3 février dernier à Angers lors de la réunion publique, proposée aux Angevins. D’autres villes étrangères ont aussi réussi ce défi, je pense à Bilbao qui a misé aussi sur les aspects culturels pour son projet. En 2007 l’autoroute qui traverse la Ville devient une voie rapide et l’on commence alors à sérieusement envisager de passer à la réalisation concrète avec la reconquête urbaine des espaces publics, que ce soit rive gauche (côté Château) ou rive droite (côté Doutre).

Concrètement, quels espaces sont concernés ?

D’abord toute la ville d’Angers est concernée. Le périmètre retenu est de 320 hectares sur 6 kilomètres de chaque côté du fleuve. Pour la cohérence du projet, il semblait essentiel d’intégrer le centre-ville, rive gauche, comme rive droite et de le réorganiser autour de la rivière pour développer avec homogénéité les deux rives. Déjà les mutations ont pris forme avec la construction du théâtre Le Quai, ouvert depuis 2007, Tempo Rives, le successeur du festival Angers l’été, qui a déménagé du Cloître Toussaint à la Cale de la Savatte, et le pont  Confluences. Le projet Loire à vélo aussi a ouvert une brèche pour se rapprocher du fleuve. Au-delà, le quartier d’activités Saint-Serge est lui aussi concerné. Il aura vocation à être un quartier mixte avec la construction de bureaux, de logements et d’équipements.

Vous dites que ce projet est complexe, pourquoi ?

Parce qu’il s’inscrit dans une réflexion globale et surtout sur du long terme : 15 à 20 ans. Il s’agit de prendre en compte les projets urbains bien sûr, mais aussi les plans de mobilité afin d’envisager  les transferts de circulation notamment, les impacts touristiques, commerciaux, culturels... Des créations d’activités nouvelles sont possibles. Pourquoi pas sur des péniches ? On pourra valoriser aussi les activités sportives avec cette reconquête, à condition de bien imbriquer les enjeux et la complexité qui en découle... On a le devoir de rêver maintenant, sans s’arrêter à des détails, d’imaginer la ville dans 20, 30 ou 50 ans. L’idée, c’est d’ouvrir la voie des possibles. Ça ne veut pas dire que l’on restera dans l’utopie, surtout pas !

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