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Ville d'Angers

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Rives Nouvelles

Angers veut reconquérir sa rivière. Depuis 40 ans, le visage de la ville est marqué d’une balafre autoroutière qu’elle souhaite à présent voir disparaître. Cette reconquête a déjà débuté de part et d’autre de la Maine. Le centre commercial Fleur d’eau est venu conforter le pôle économique du centre-ville tandis que, face au château, le théâtre Le Quai conforte la vocation culturelle de la Doutre. A présent, il s’agit de repenser les rives afin de permettre aux Angevins de se réapproprier leur rivière, d’une confluence à l’autre.
 
Le Maire d’Angers, Jean-Claude Antonini a décidé d’engager la réflexion sur une réappropriation des rives de la Maine par les habitants, montrant ainsi une volonté forte donner la priorité à la qualité de vie dans les espaces urbains. Après s’être engagée dans la réalisation d’un tramway, Angers entre au travers de ce projet dans une autre grande étape de son évolution.

Il s’agit de réunir la ville autour de sa rivière, de faire renaître les berges au profit des Angevins et d’en faire un lieu d’échanges et de vie, de protéger durablement la qualité de l’environnement et des espaces naturels, de revaloriser un patrimoine majeur pour la cité angevine.

Le territoire concerné représente une surface de 300 hectares environ. Il s’agira donc d’une démarche qui se déroulera dans la durée.

Le projet affectera de nombreux domaines : le projet urbain, la rivière, l’environnement, l’offre d’habitat, d’activités et de services, la circulation et les déplacements, les sports et les loisirs, le paysage, le tourisme, la vie culturelle, la vie des quartiers concernés, etc.

Valorisation du patrimoine bâti et environnemental, qualité de vie, espace public qui met l’humain au cœur des préoccupations…sont les mots clés de ce projet qui préfigure une façon moderne de penser la ville.

Les Angevins ne seront pas exclus de cette réflexion et y seront associés tout au long de la démarche.

3 février 2010, Jean-Claude Antonini donne le coup d’envoi du projet « Berges de Maine-Rives nouvelles »

Mesdames, Messieurs,

Merci à nos deux invités pour leur présentation qui donne un aperçu du champ des possibles et de la variété des visions. Nous aurions pu vous montrer beaucoup d’autres exemples, j’en connais beaucoup : malgré leurs différences, ils sont tous empreint de la même volonté, reconquérir la qualité de la vie, mettre la ville en partage.

Tous ces exemples montrent aussi un fait, qui est un fait historique : très souvent l’histoire des villes est liée à la présence de l’eau, la mer, la rivière. A Angers, c’est sur la Maine d’une petite communauté s’est rassemblée il y a des centaines d’années pour grandir et grandir encore jusqu’à former cette ville qui est la nôtre aujourd’hui. La Maine a forgé le site sur lequel nous vivons en forçant la roche, mais la Maine a aussi forgé notre ville car c’est autour d’elle que ce sont construits les échanges, le commerce, la vie de la Cité.

Vous avez été très nombreux cet été à visiter l’exposition consacrée à l’histoire des berges de la Maine, salle Chemellier. Vous avez vu à quel point les liens tissés entre Angers et la rivière étaient forts, je dirai même vitaux. Ce qui m’a frappé le plus dans cette exposition, c’est le mouvement : lieu de vie, lieu d’échange, les berges de la Maine ont aussi été le lieu de toutes les transformations. C’est bien souvent à partir d’elle que des évolutions urbaines d’envergures ont gagné l’ensemble de la ville. Toujours est-il que suivant les époques, le visage des abords de la Maine n’a jamais été le même, subissant parfois des transformations radicales.

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Il y avait toutefois une constante : à chaque époque, il existait un lien fort avec la rivière. Elle était accessible, intégrée à la vie quotidienne. Cette évolution nous a conduits jusqu’à la situation actuelle où, rive gauche, les berges de Maine ont été vampirisées par une autoroute urbaine qui coupe la ville en deux, qui nous prive de l’accès à la rivière, qui engendre des nuisances écologiques.

Vous venez de le voir avec Bordeaux et Lyon, les rives peuvent être de formidables lieux : pour la vie, pour les loisirs, pour la biodiversité mais aussi pour l’habitat et le développement économique.

A l’automne, j’étais à la conférence des villes réunissant l’ensemble des maires des grandes villes de France ainsi que quelques maires de métropoles mondiales. En les écoutant présenter leur projet de ville, j’ai beaucoup pensé à Angers et j’ai souvent eu le réconfort de voir que notre dynamique urbaine se place dans la lignée des grandes évolutions envisagées ici et là, dans une certaine justesse. J’ai aussi eu le sentiment que les villes qui ralentiraient leur travail sur la question des transports, de la qualité de la vie, de l’offre de services, de l’arrêt à l’étalement urbain, seraient immédiatement reléguées. Ainsi, des villes comme Bilbao, Nantes, Bordeaux ou Lyon ont bâti des stratégies de développement métropolitain très fortes autour de la reconquête de leurs rivières respectives.

Angers est au cœur de la plus grande confluence de France et, héritage paradoxal de l’histoire, elle tourne le dos à sa rivière. Vous m’avez souvent entendu le dire, notre ville est littéralement coupée en deux par une saignée, celle de cette rocade, véritable balafre dans ce qui pourrait pourtant être une des plus beaux sites de France.

On associe volontiers la douceur à l’image d’Angers. Où est cette douceur lorsque  des dizaines de millier d’automobiles bruyantes et polluantes empêchent les échanges entre les deux rives ? Où est la douceur lorsque le bout du monde est noyé sous les décibels ? Où est la douceur lorsqu’il n’y a plus aucun quai sur la rive gauche pour pêcher ou se promener ?

Angers doit retrouver une plus grande fluidité dans ses échanges internes et le no man’s land des trémies doit redevenir un lieu de vie pour tous les Angevins. Ce soir, je vous propose d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire des berges de la Maine et de notre confluence, une page qui mettra du temps à s’écrire mais que nous devons envisager dès maintenant tant les enjeux sont lourds et importants. Ouvrir le projet de reconquête des berges de Maine, c’est repenser plus largement le visage et le fonctionnement d’Angers en organisant le projet de ville et le projet urbain autour des deux rives de la Maine enfin réunies.

Car c’est bien un projet essentiel pour consolider les atouts d’Angers, ville durable.

C’est une opportunité pour le mieux vivre la ville en ramenant de la douceur comme je le disais tout à l’heure, en renforçant la qualité et le plaisir de vivre à Angers. Le tramway est une première étape pour une ville encore plus douce et plus apaisée, cette logique devra être très largement prolongée autour des berges de la Maine.

C’est une opportunité pour le développement d’Angers et l’agglomération avec à la fois de nouveaux espaces pour y créer du  logement et des activités économiques mais également une attractivité renforcée pour attirer de nouveaux projets métropolitains. Nous avons construits le Quai en Front de Maine dans le précédent mandat dans cet esprit ainsi que Fleur d’Eau, les études pour un nouveau centre de congrès contribuent également à cette stratégie d’affirmation métropolitaine d’Angers sur la scène nationale et européenne. Nous pouvons disposer demain d’une formidable vitrine pour Angers.

Enfin, c’est une opportunité pour une ville plus écologique, plus respectueuse de son patrimoine et de sa richesse naturelle. Aujourd’hui la Doutre, la Cité et le Château pâtissent de la voie des berges tout comme la rivière. Demain, c’est la possibilité de nouveaux espaces verts et d’une valorisation de notre patrimoine dans un écrin à sa hauteur.

Vous le voyez, notre ambition n’est pas seulement de traiter la question de la voie sur berges mais bien de changer la ville et de refonder notre projet urbain. Dans ce cadre, la voie sur berges devient un sujet au milieu de bien d’autres tels que le commerce, le logement, les espaces verts, les loisirs, la culture, le patrimoine, l’image d’Angers et bien sûr les déplacements. Le projet s’étend sur les deux rives, sur un site de 300 hectares.

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