Le projet de l'équipe LIN

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Le projet de l'équipe LIN

En vidéo: extrait de la présentation du projet "Maine Parc" par l’équipe LIN (réunion publique du mardi 17 janvier 2012).

Maine Parc

(cliquez sur l'image pour l'agrandir)

La Maine est la rivière d’Angers. En raison de sa longueur réduite (12 km seulement), et à la différence de beaucoup d’autres cours d’eau, elle est associée exclusivement à une ville, qui lui doit en retour son histoire et une grande partie de son caractère. L’état de séparation actuel entre Angers et sa rivière n’en est que plus violent.

Rivière, territoire

Au-delà de la reconversion de l’autoroute qui traverse la ville depuis près de quarante ans, du seul réaménagement des rives de la Maine occupées par l’infrastructure, nous proposons de situer la réflexion dans le cadre plus large de la rivière, comme élément structurant et significatif du territoire.

Nos propositions s’inscrivent dans un périmètre élargi. De Bouchemaine à Saint-Sylvain d’Anjou, des plaines agricoles de la Meignanne à Juigné-sur-Loire, elles considèrent l’une des plus vastes zones de confluence de France, dont elles s’efforcent d’activer le potentiel.

Notre approche consiste à croiser l’ensemble des questions, d’ordre social, économique, écologique, culturel, qui se jouent autour de la rivière. À proposer une réponse intégrée, qui lie entre eux les enjeux de son accessibilité, de l’équilibre entre ses deux rives, de la connaissance de son fonctionnement hydrologique, de ses paysages, de ses fonctions métropolitaines, de ses repères symboliques, de son attractivité économique, des nouvelles formes d’habitat qu’elle peut générer…

Maine Parc

Du centre historique à l’île Saint-Aubin, du quartier Saint-Serge aux prairies de la Baumette, la Maine rencontre une très grande diversité de situations – de très urbaine à très sauvage. Chacune de ces situations dispose de potentiels à identifier, de qualités cachées à révéler. Nous proposons de les agréger dans un tout hétérogène mais cohérent: Maine Parc.

Maine Parc repose sur l’accessibilité de la Maine sur ses deux rives, de confluence à confluence. Elle est pour partie immédiate, mais aussi fondée sur la transformation dans le temps de la voie des Berges, la transition vers un système de mobilité plus intégré, plus efficace et plus lisible.

Maine Parc s’appuie sur l’intensification urbaine et/ou paysagère des séquences traversées par la rivière. La géographie est structurante, le développement urbain s’effectue autour de nouvelles natures urbaines.

Maine Parc est marqué la présence de l’eau. L’eau se déploie dans un paysage de rives amples, qui absorbe les crues de la rivière et augmente ses capacités d’autorégulation.

Temps, scénarios

Toute stratégie urbaine pour le territoire des Berges de Maine doit composer avec une part d’incertitude. D’une part, parce que les villes se construisent et se transforment dans le temps. D’autre part, parce que la transformation des Berges de Maine, en raison de son ampleur, sera accompagnée de mutations pour certaines largement imprévisibles. Plutôt qu’un improbable plan définitif, nous proposons donc avant tout un cadre, qui accepte non pas un seul mais plusieurs états possibles d’une même vision. Plus qu’un grand projet nous misons sur un processus, ouvert à différents scénarios. Nous en présentons ici trois. Les interventions distillées dans chacun de ces scénarios ont vocation à se combiner plus qu’à se succéder, à se recomposer plus qu’à s’additionner. Elles dessinent en creux les contours d’une rivière associée à son territoire, d’un territoire réuni autour de sa rivière.

01 Petites interventions, fort impact

Le scénario 1 "petites interventions fort impact" correspond à un état immédiat du projet, l’été 2013 par exemple. Une combinaison d’interventions légères et d’évènements replace concrètement et symboliquement la Maine au centre de la ville. L’élément le plus emblématique est un ponton flottant, installé au droit de la voie des berges. Il accueille ponctuellement des programmes définis (piscine flottante, auberge de jeunesse,…) et permet en toute saison une promenade continue, aujourd’hui impossible, entre les ponts de la Basse Chaîne et de la Haute Chaîne. La place de la Poissonnerie est libérée du stationnement, celle de la Rochefoucauld est réorganisée et de nouveaux évènements y sont programmés. Des modes de déplacement alternatifs se mettent en place, de nature plutôt ludique: service de minibus électrique dans le centre-ville, micro-mobilité, navette fluviale entre Bouchemaine et Écouflant… Un vaste réseau de chemins est aménagé: il est à l’échelle de l’une des plus vastes zones de confluence de France, dont il permet la découverte et la pratique. Appuyé sur la géographie de la rivière, il s’offre comme une structure possible des développements à venir.

02 Berges actives, développement ciblé

Le scénario 2 "berges actives, développement ciblé" décrit le développement du centre-ville et de ses abords, comment il pourrait s’effectuer à ce stade sans modification lourde de la voie des Berges, dont les accès au niveau du pont de Verdun et de la place Molière seulement, sont supprimés. À partir de ces anciennes bretelles réinvesties, une grande terrasse est aménagée en surplomb sur la Maine, et connectée aux principaux espaces publics de la ville. De nouveaux équipements structurants s’implantent sur les rives de la Maine: le nouveau centre des congrès (mitoyen du théâtre Le Quai), un nouvel immeuble mixte de bureaux, hôtel et commerces place Molière (son rez-de-chaussée accueille le nouvel office du tourisme de la ville), un nouvel équipement sur le site de l’hôpital. Le quartier Saint-Serge se développe dans le prolongement de l’université: sa structure perpendiculaire à la rivière, la modulation de sa topographie, permettent de recevoir l’eau en période de crue tout en mettant à l’abri les logements. À la Baumette, quartier stratégique en raison de sa proximité avec la gare, de premiers bâtiments sont construits. Surtout, un projet pilote associé à l’université et au Pôle Végétal propose l’expérimentation, in situ, de systèmes d’auto-régénération du fleuve et de nouvelles formes de construction en zone inondable.

03 Saut quantique, natures nouvelles

Le scénario 3 "saut quantique, natures nouvelles" se fonde sur l’hypothèse d’un changement de dimension de la ville d’Angers, qui retournée vers sa rivière, verrait son attractivité et sa capacité d’investissement démultipliés. La requalification complète de la voie des berges en boulevard urbain est opérée, permise notamment par le réaménagement des deux échangeurs de Saint-Serge et de l’Atlantique, la mise en service de la deuxième ligne de tramway et celle d’un nouveau bus à haut niveau de service le long de la rivière. L’ensemble des continuités entre la ville et la rivière sont rétablies, le pont de Verdun est réservé exclusivement aux piétons et aux transports publics. La séquence entre les principaux espaces publics du centre-ville (parc en pied de château, cale de la Savatte, place La Rochefoucauld, place de la Poissonnerie) se trouve ainsi complètement redéfinie. Au Nord et au Sud du centre-ville, les nouveaux quartiers de Saint-Serge et la Baumette décrivent un paysage urbain original intégrant le bâti, le végétal et la présence de l’eau, dans des structures respectivement géométrique et plus naturaliste. La mutation proposée des franges du parc Balzac et des actuels terrains militaires situés au Sud du quartier de la Baumette repose également sur des formes urbaines compactes, très fortement reliées au paysage de la Maine. Les prairies inondables au Nord et au Sud de la ville constituent le prolongement naturel de ces nouveaux quartiers. Réactivées et réappropriées, elles constituent des situations à part entière de Maine Parc.

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