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Angers, plaque tournante des nanomédicaments

07.02.2013
Au CHU, la visite du vice-président de la Région Christophe Clergeau a été l'occasion d'une présentation de la filière angevine des nanomédicaments, par le professeur Benoît. (Photo: Thierry Bonnet/Ville d'Angers)

La nanomédecine est la médecine de demain. Et dans cette filière high tech, Angers, avec son CHU et son université, s'affirme comme une plaque tournante de la recherche sur les nanomédicaments.

D'ici à quelques années, les nanomédicaments auront remplacé bon nombre de médicaments conventionnels. En intervenant à une toute petite échelle, ces médicaments ciblent mieux les cellules malades. Avantages: ils limitent les effets secondaires et permettent de renforcer les traitements.

Et dans la conception de ces médicaments high tech, Angers a plus d'un atout en main en concentrant un grand nombre de compétences autour de son centre hospitalier universitaire et de son université.

C'est ce qu'est venu constater le 6 février Christophe Clergeau, premier vice-président de la Région Pays de la Loire en charge notamment de l'innovation. Il était accueilli, aux côtés du maire d'Angers, par le professeur Jean-Pierre Benoît, figure de proue de la nanomédecine angevine. Chercheur en pharmacie depuis trente ans, il est à la tête du laboratoire Mint qui compte une cinquantaine de chercheurs spécialisés dans ce domaine. Il a mené notamment de nombreuses recherches autour du cancer, contre lequel la nanomédecine s'avère très prometteuse.

Une entreprise pour exploiter les découvertes

Pour permettre une meilleure exploitation de leurs découvertes et des brevets qui en découlent, l'entreprise Carlina technologies a vu le jour en 2010, incubée par Angers Technopole. Elle est désormais hébergée dans la pépinière bio tech d'Angers Loire Développement, rue Hamsler, à deux pas du CHU. Carlina technologies, avec ses quatre salariés, s'est notamment spécialisée dans la fabrication des capsules nanoscopiques qui transportent le processus actif d'un médicament au plus près de sa cible.

Côté enseignement supérieur, même position avant-gardiste de l'université d'Angers. Ceci autour de Frank Boury, qui a mis en place Nanofar. Développé en partenariat avec cinq autres universités européennes, ce diplôme en nanomédecine a intégré le programme très sélectif Erasmus mundus et permet d'accueillir douze jeunes doctorants parmi les plus en pointe et originaires de tous les continents.

Une nouvelle plateforme de dix salariés

Désormais, la prochaine étape est le lancement de Vectoris, une plateforme de fabrication des lots cliniques de nanomédicaments. En effet, avant qu'un médicament soit utilisé par la population, il doit être testé à de nombreuses reprises donc être fabriqué déjà en quantité assez importante. C'est l'objectif de cette plateforme, qui devrait voir le jour à l'horizon 2014 et employer une dizaine de salariés.

Un nanomédicament angevin d'ici à six ans

Les processus de mise sur le marché d'un médicament sont très complexes néanmoins, d'ici cinq à six ans, l'espoir de voir commercialiser un nanomédicament d'origine angevine est tout à fait réaliste.