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Zéro pesticide dans les cimetières: une volonté assumée, au bénéfice du cadre funéraire

31.10.2012
Gilles Mahé (à droite), adjoint délégué à l'environnement, et Marc Houdon, responsable des activités funéraires, devant un espace du cimetière de l'Est aménagé pour favoriser l'entretien sans produits chimiques.

Réglementation, obligation technique et souci environnemental: l'évolution vers un entretien des cimetières sans pesticide est une nécessité, que la Ville assume avec la volonté d'une amélioration des espaces funéraires.

"L'engagement de la Ville d'Angers de supprimer progressivement les produits phytosanitaires de l'entretien des cimetières n'est absolument pas synonyme de laisser-aller, et encore moins d'irrespect envers les défunts", rappelle Gilles Mahé, adjoint au maire chargé de l'environnement et des espaces verts, alors que les cimetières connaissent leur plus forte affluence de l'année à l'occasion des fêtes de Toussaint.

Désherbage manuel ou mécanique, réaménagement des carrés pour favoriser leur entretien sans produits chimiques: "L'évolution vers le 'zéro pesticide' suppose beaucoup d'attention, souligne Marc Houdon, responsable des activités funéraires de la Ville. Or cet été nous avons eu plusieurs semaines pluvieuses, alors que de nombreux agents étaient en congé. Donc c'est vrai, sur certains carrés des plantes non désirées se sont développées et ont atteint une taille jugée gênante."

Contraintes réglementaires fortes

Développé durant les années 1970, le recours massif aux intrants chimiques pour le traitement des espaces a abouti à rendre résistantes de nombreuses plantes non désirées. La question de la toxicité des produits s'est aussi posée régulièrement, et plusieurs ont été interdits. "Très clairement, c'était impossible de continuer comme ça, insiste Gilles Mahé. D'ailleurs l'évolution vers des pratiques différentes, que nous soutenons pour des raisons écologiques et de sécurité pour les agents et usagers, est aussi largement contrainte par la réglementation." Ainsi, l'utilisation de désherbants chimiques impose d'interdire l'accès à la parcelle traitée pendant 6 à 48 heures. "Comment concilier cette obligation avec l'accueil des familles et l'organisation des inhumations? interroge Marc Houdon. La seule solution est de ne plus utiliser ces produits."

Cette contrainte, la Ville souhaite l'intégrer de manière positive: "En reprenant les espaces anciens avec de l'enherbement ou des végétaux couvre-sol, on limite l'apparition de plantes non désirées. Et lorsque certaines poussent malgré tout, elles s'intègrent dans un environnement végétalisé où leur présence devient moins gênante, explique Gilles Mahé. Au final, cet apport de verdure réduit l'aspect minéral des carrés anciens, au bénéfice d'un environnement plus serein, plus apaisant..."

Sur le seul cimetière de l'Est, 3200m2 ont été enherbés cette années, sur les allées et espaces inter-tombes. Mais le travail est de longue haleine: les trois cimetières de la ville (cimetière de l'Est, de l'Ouest et Saint-Léonard) s'étendent sur un total de 24 hectares.


L'enherbement des carrés anciens permet de réduire leur aspect minéral, pour un environnement propice à la sérénité.