Une journée pour braquer le projecteur sur les inégalités hommes-femmes
Encore en 2012, les inégalités hommes-femmes restent nombreuses aussi bien dans le monde du travail que dans l'organisation sociale et familiale. Des injustices mises en lumière par la journée de la femme, le 8 mars.
Jeudi 8 mars, c'est la journée de la femme. Une journée instaurée en 1977 par l'ONU, pas épargnée par les critiques et souvent présentée comme un gadget: "Tous les ans, on se pose la question de sa pertinence, on se demande s'il faut la célébrer. Et tous les ans, on se rend compte que oui, c'est nécessaire, car les inégalités demeurent et il faut braquer le projecteur dessus", estime Catherine Besse, adjointe au maire déléguée au droit des femmes.
Pour "braquer le projecteur", les femmes du conseil municipal se sont réunies pour une conférence de presse 100% féminine mercredi 7 mars. Un symbole, bien sûr, pour montrer que la parité peut être appliquée (elle est strictement respectée au conseil municipal) mais aussi évoquer le long chemin qui, encore en 2012, reste à parcourir.
Ecarts de salaire et sous-représentation aux postes à responsabilité
Des écarts de salaire de 18% à responsabilités égales, 15% de femmes seulement sur les bancs de l'Assemblée nationale et 17% à la tête des grandes entreprises, 66% de femmes par contre dans les emplois précaires, à temps partiel et horaires coupés. Sans oublier bien sûr la question, toujours brûlante, des violences conjugales, les inégalités dans la répartition des tâches ménagères et la sur-représentation des femmes dans les familles mono-parentales... "On a beau se dire que les choses évoluent, les représentations sociales sur la place de la femme, perçue toujours comme subalterne, restent encore bien ancrées dans nos têtes", constate Marianne Prodhomme, adjointe déléguée au quartier Lac de Maine.
Charte européenne de l'égalité
Symboliquement toujours, c'est ce 8 mars que Catherine Besse a décidé de lancer le travail qui doit permettre à Angers de signer cette année la charte européenne de l'égalité hommes-femmes. Une charte qui engage bien sûr l'exemplarité de la Ville, mais qui aussi suppose la mise en place d'actions de fond pour promouvoir partout la parité et l'égalité, notamment dans les quartiers. "Des actions ont déjà eu lieu, par exemple à la Roseraie et à Monplaisir, pour ouvrir le débat sur ces questions et sensibiliser les jeunes", rappelle Norma Mével Pla, adjointe du quartier de la Roseraie.
La journée de la femme est aussi l'occasion de différentes animations, conduites notamment par l'Espace femmes (programme à télécharger ci-dessous). A 17 heures sera inaugurée aux Hauts-de-Saint-Aubin la rue Joséphine-Baker, symbole de la volonté de la Ville d'évoluer vers plus de parité dans les noms de rue et d'équipement public. Un après-midi de débats et échanges est proposé à la Maison pour tous de Monplaisir, de 14h à 18h (3 rue de l'Ecriture, voir tract à télécharger ci-dessous). Dès le 7 mars, le conservatoire propose une conférence pour rendre hommage aux femmes compositrices, souvent méconnues malgré leur forte contribution aux différents courants qui ont marqué l'histoire de la musique.
- À télécharger
ProgrammeEspaceFemmes.pdf742 K
TractVoixDesFemmes.pdf281 K

