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A la découverte des nicheurs de l'île Saint-Aubin

09.07.2010
L'observation des oiseaux, avec jumelles et explications de spécialiste, devient un jeu riche d'enseignements, pour petits et grands. (Photos: Thierry Bonnet)

Une sortie était proposée à l'île Saint-Aubin, pour observer les oiseaux nicheurs. D'autres sorties gratuites ont lieu pendant l'année pour découvrir la faune et la flore des espaces naturels angevins.

La sortie commence par une distribution de paires de jumelles. Adeline, qui va guider la visite, sort aussi deux longues vue de son coffre. Ainsi équipée, la petite troupe, une vingtaine de personnes de tous âges, est prête à prendre le bac pour rejoindre l'île Saint-Aubin. Et à découvrir les nombreux oiseaux nicheurs qui y font étape à cette prédiode de l'année.

Salariée de la LPO (Ligue de protection des oiseaux), cela fait quatre ans qu'Adeline Cailleau encadre des sorties ornithologiques. Financées par la Ville d'Angers, ces sorties sont entièrement gratuites pour les participants qui découvrent ainsi des sites comme le Lac de Maine, le parc Balzac, l'île Saint-Aubin, sous la conduite d'un spécialiste. Certains sont des habitués, comme Pierre: "Avec ces visites, on voit et on comprend des choses que l'on ne remarque même pas quand on se promène." Et avec la richesse de sa faune et de sa flore, l'île Saint-Aubin, classée au réseau européen Natura 2000, constitue un terrain favorable à la découverte.

Quelques brassées pour tracter le bac et franchir la Mayenne: tout le monde est à pied d'oeuvre pour une sortie qui doit durer deux heures.

Une dizaine de mètres à peine ont été parcourus que s'improvise une première halte d'observation. Adeline est formelle: l'oiseau perché au sommet d'un saule, en bordure de prairie, est une bergeronnette printanière. En témoigne son plumage jaune caractéristique. Seules les jumelles permettront d'attester ses dires: "Le geste de l'ornithologue, explique-t-elle, c'est de fixer d'abord l'oiseau à l'oeil nu avant d'amener les jumelles."


S'il n'a pu être observé, le râle des genêts a fait l'objet d'un exposé avec photo... et sons enregistrés sur dictaphone.

A chaque nouvelle observation, la spécialiste sort de son sac une pochette présentant une photo de l'espèce, en gros plan. Comme la bergeronnette printanière, beaucoup d'oiseaux observés ce matin-là sont des oiseaux "nicheurs", qui ne font que passer sur l'île pour nidifier dans les hautes herbes des prairies. Le bruant des roseaux et le tariers des prés en font partie, tout comme le râle des genêts. Lui ne sera pas observé durant la matinée: "Il est très discret et difficile à voir." Adeline sort alors un dictaphone pour permettre à chacun de découvrir son cri de crécelle si particulier. "Ce qui vaut au râle sa célébrité locale, outre son cri, c'est que c'est une espèce très menacée. On comptait en France entre 1600 et 2000 couples au début des années 1990, ils ne sont plus que 500 aujourd'hui." Dont la moitié en Maine-et-Loire et quelques dizaines sur l'île Saint-Aubin. La LPO d'Anjou gère d'ailleurs au niveau national les actions de protection, comme les contrats passés avec les agriculteurs pour qu'ils mettent en oeuvre des pratiques de fauche qui préservent les oisillons.

De nombreuses autres espèces se seront aussi montrées durant la matinée: pinsons, hérons, buses, busards... Yves en a recensé douze. "Dont cinq que je ne connaissais pas." Pour ce retraité nouvellement installé à Angers, le contrat est rempli: "Je voulais découvrir l'île avant d'y amener mes petits-enfants. Je m'y connais déjà un peu en botanique mais sur les oiseaux, ça m'intéressait d'en savoir plus." Marie-Martine, elle, a fait le chemin inverse: "Je suis venue ici samedi dernier avec une amie. On s'est rendu compte qu'on ne connaissait rien à ce qu'on voyait." Elle s'offre donc une séance de rattrapage.


La richesse de l'île Saint-Aubin fournit l'occasion de nombreuses explications sur l'environnement spécifique des basses vallées angevines.

Or les explications d'Adeline débordent le strict cadre "ornitho". Le franchissement des canaux, par exemple, est l'occasion d'un court exposé sur les espèces invasives, comme la jussie et l'écrevisse de Louisiane, qui menacent la flore et la faune aquatiques. Sans oublier les ragondins, qui arrachent la végétation et accélèrent l'érosion des rives.

Au final, lorsque le groupe se présente à nouveau devant le bac, les deux heures annoncées sont largement dépassées. Ce dont personne ne se plaint.

Prochaine sortie sur l'île Saint-Aubin: vendredi 13 août, de 14h30 à 16h30, à la découverte des arbres de l'île. Organisée par la Maison de l'environnement.
Prochaine sortie ornithologique: mercredi 25 août au Lac de Maine, de 10 heures à 12 heures. Avec la LPO.

Gratuit. Renseignements et inscriptions: 0241223230.