Liaison sud : la Ville propose des alternatives

La concertation sur le projet de liaison Sud prendra fin à l’été. Les élus d'Angers Loire Métropole auront alors à se prononcer. Pour faire entendre sa voix, la Ville a rendu son avis sur le sujet.

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Publié le 31.05.2012
Deux réunions publiques "liaison sud" sont prévues les 11 juin et 2 juillet, au centre de congrès.

Comment concilier, le développement du territoire et la qualité de vie ? C’est toute la complexité des questions de déplacements et de desserte des territoires. Le projet de liaison Sud s’inscrit dans ce contexte.

"Angers Loire Métropole, maître d’ouvrage, a engagé en décembre une concertation ouverte et transparente. Elle se terminera à l’été. Il appartiendra alors au Conseil communautaire de se prononcer sur le dossier, rappelle le maire Frédéric Béatse. Pour autant, il serait impensable que la ville d'Angers ne donne pas son avis sur ce projet qui la concerne en tout premier lieu".

Le sujet était donc à l’ordre du jour du conseil municipal du 30 mai. La Ville a ainsi rendu son avis, rappelé ses objectifs et proposé le scénario en huit points adopté par les élus(1). "Nous montrons ainsi qu’Angers joue son rôle et prend toutes ses responsabilités", souligne le maire.

Des déplacements en augmentation constante

Premier objectif, décliné par le maire : "assurer le développement économique d’Angers pour les vingt-cinq ans à venir". Et pour cela, prendre en compte et anticiper les besoins en mobilité. Entre 2002 et 2010, les déplacements en voiture ont augmenté de 43 % sur le territoire d’Angers, soit l’équivalent de 65 000 véhicules/jour en plus.

Cela a un impact direct sur les nuisances aujourd’hui supportées par les Angevins."Chaque jour, 22 000 véhicules circulent sur les boulevards Sud alors que 2 000 logements sont situés à moins de 70 mètres de la chaussée. Notre objectif est évidemment de réduire ces nuisances", insiste le maire.

Troisième enjeu : renforcer l’attrait commercial, touristique et patrimonial du centre-ville d’Angers. "Ce doit être un endroit où l’on vient plutôt qu’un endroit où l’on passe", résume Frédéric Béatse.

Enfin, il est essentiel d’accompagner les projets urbains du pôle métropolitain - Angers et les communes de la première couronne – où se concentrent logements et équipements structurants.

Un scénario en huit points

Fort de ce constat, la Ville fait ses préconisations. Plutôt que la réalisation immédiate de la liaison Sud, elle opte pour un scénario en huit points, classés par ordre de priorité.

1) Créer un échangeur complet à Saint-Serge autorisant tous les mouvements de circulation, pour donner une porte d’entrée dans la ville au Nord et redonner de l’attractivité au contournement autoroutier Nord.

2) Rendre la voie sur berges moins attrayante par une vitesse limitée à 50 km/h dans l’hyper centre et 70 km/h pour le reste de la traversée d’Angers, des gabarits de voies réduits et une diminution du nombre d’accès et sorties entre les ponts de la Haute-Chaîne et de la Basse-Chaîne.

3) Lancer les études pour une seconde ligne de tramway et pour le prolongement de la première ligne vers le Sud, prévoir des parkings de dissuasion efficaces et favoriser l’accès aux gares dans tout le Pays Loire Angers.

4) Mieux articuler les politiques de stationnement et de transports en commun, notamment en matière de tarification.

5) Utiliser les infrastructures existantes pour créer un axe routier Beaucouzé, Bouchemaine, Sainte-Gemmes-sur-Loire afin d’irriguer les parkings relais du tramway au Sud d’Angers.

6) Aux Ponts-de-Cé, envisager une nouvelle infrastructure pour contourner l’axe urbain Galliéni avec, à terme, un échangeur complet à la Monnaie et au carrefour Mignon.
7) Étudier l’accessibilité au pôle Gare depuis le Sud de l’agglomération.
8) Maintenir les emprises foncières de la "petite liaison Sud" au plan local d’urbanisme (PLU) afin de maîtriser l’étalement urbain et préserver l’avenir. "Nous conservons ainsi la possibilité de réévaluer la situation dans l'avenir et de réexaminer la pertinence d’une liaison Sud", conclut le maire.

Le conseil d’agglomération se réunira le 12 juillet sur le sujet.

(1) Les élus de la minorité se sont abstenus, Bernadette Caillard-Humeau n'a pas pris part au vote.