Des Angevins à Rio pour les jeux paralympiques

A deux jours du démarrage des jeux paralympiques de Rio, les athlètes angevins affirment leur détermination comme la kayakiste Cindy Moreau, le pongiste Matéo Bohéas et la basketteuse Emilie Ménard.

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Publié le 06.09.2016
Emilie Ménard (à droite) entourée des joueuses de l’équipe de France.
Mathéo Bohéas et Cédrik Casbestany, 4e aux JO paralympiques de Londres en 2012.

Cindy Moreau, la kayakiste qui marche sur l’eau

Vice-championne du monde en 2014, la kayakiste du Club nautique de Bouchemaine (32 ans) vise l’or pour sa première participation paralympique.

Il y a un an, lors d’une épreuve test, elle décrochait une médaille d’argent sur 200 mètres en kayak monoplace sur le bassin brésilien. Confortée par cette performance, l’Angevine Cindy Moreau est impatiente d’y donner ses premiers coups de pagaie à quelques jours de l’ouverture des jeux paralympiques de Rio: "Globalement, le bassin est assez bien. L’eau étant salée, la portance du kayak est différente mais sans problème particulier à gérer. J’espère juste un vent léger de face le jour de la finale pour trouver de bons appuis." Notre médaillée mondiale en 2013, 2014 et 2015 et 2016 (catégorie "KL3") retrouvera dix rivales: "Nous pouvons toutes prétendre à l’or. Notre finale se jouera dans un mouchoir de poche..."

Victime des premiers signes de paraparésie en avril 2010, Cindy s’est dirigée vers le paracanoë dès juillet 2012. "Je ne peux plus ni marcher, ni courir, ni faire de vélo. En fait, je suis comme La Reine des neiges, je me glace! Résultat, m’asseoir dans un kayak, sport que j’ai découvert quand j’étais petite, fut une évidence. Maintenant, comme dit mon fils Kelïan (8 ans), je marche sur l’eau!"

Parfois, Cindy Moreau marie ses deux "K" de cœur en embarquant Kelïan à bord de son kayak sur la Maine, "rivière où je passe 90% de mon temps d’entraînement. Calme sur des kilomètres et des kilomètres, elle est impeccable pour la course en ligne. Et, quand je veux un coup de courant, je fais un crochet par la Loire. Depuis trois ans, j’y navigue avec Rio en ligne de mire."

Matéo Bohéas, l’espoir du tennis de table français

Pour sa première participation paralympique, Matéo Bohéas, sociétaire de la Vaillante (19 ans), devrait lancer sa carrière avec une médaille, en individuel ou par équipe... voire les deux!

Matéo, grand espoir du tennis de table français, le sait et s’en amuse: "Mon handicap ne se voit pas au premier coup d’oeil, ce qui fait que beaucoup s’étonnent que je concours en paralympique. Alors, pour faire simple, disons que j’ai une cheville en carton!"

Deux fois médaillé de bronze aux championnats d’Europe par équipes en 2013 et 2015, l’étudiant en STAPS est impatient de se lancer "dans le grand bain international, l’événement dont tout le monde parle, auquel tout le monde fait référence et dont la dimension paraît incroyable…".

Depuis 2012, ce droitier fougueux suit une préparation pour être performant à Rio où il comptera parmi les seize pongistes sélectionnés, dont treize hommes. Benjamin de l’équipe de France, ce pongiste de la "classe 10" espère que sa "cheville en carton" sera aussi "la cheville ouvrière de la plus belle des médailles dans le tournoi équipe. En 2012, l’équipe de France a additionné les quatrièmes places, cette fois-ci, nous espérons beaucoup mieux". Pour s’encourager, l’Angevin a glissé le maillot bleu de la Vaillante dans l’un de ses sacs...

Emilie Ménard, la basketteuse angevine de coeur

Pour sa seconde participation paralympique, la basketteuse Emilie Ménard (34 ans), native d’Angers, espère mener son équipe dans les huit meilleures.

A Londres en 2012, Emilie Ménard avait terminé dixième du tournoi paralympique. Quatre ans après, le niveau s’est encore resserré: "Aujourd’hui, nous sommes le Petit Poucet de la compétition. Si nous terminons dans les huit meilleures, comme aux championnats du monde en 2014, ce sera un bon résultat", estime celle qui évolue désormais à Toulouse, après avoir été formée à Angers.

Voici dix ans, et après avoir également évolué à Cholet puis Le Mans, Emilie rejoignait son nouveau club de Toulouse où "évoluait déjà une autre joueuse de l’équipe de France, originaire de Bordeaux".  Depuis, elle court les parquets, "tous les week-ends sur les routes entre les rencontres de Nationale 1 et, surtout, de Nationale 2".

Maman de deux enfants, médaillée de bronze aux championnats d’Europe en 2005, Emilie, 34 ans, sait ses jours comptés à très haut niveau. "Mais il y a une telle ambiance au sein de l’équipe de France qu’il est difficile de partir..."

A Rio, Emilie Ménard sera encouragée par sa famille dont ses parents, Josiane et Michel, domiciliés à Trélazé.  

Correspondance Sophie Greuil